l'horloge de la gare de Chartres

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mercredi 18 mai 2016

Diptyque, suite



















Samedi 21, dans le cadre de la Nuit européenne des musées, la compagnie Pièces détachées proposera Fragments, un programme original en trois temps, avec la chorégraphe Caroline Grosjean, la danseuse Magali Albespy et le guitariste Rémi Aurine-Belloc. On pourra entre autres y découvrir une vidéo qui permet de lire une partie du texte de Diptyque, vidéo que je pourrais montrer ici par la suite.
Tout cela se passera au musée de l'Abbaye de Saint-Claude, dans le Jura, ville où une partie de ce texte a été écrite quand nous étions en résidence l'an dernier.















J'élabore par ailleurs un projet de lecture avec Jean-Marc Montera dans le cadre d'un festival. Pour l'instant rien n'est sûr, mais l'idée de faire vivre le texte de Diptyque de mon côté, en parallèle avec le travail de la compagnie, est en train d'émerger, tandis que Caroline Grosjean a annoncé sur le site de Pièces détachées son désir de voir le texte exister sous la forme d'un livre-objet. 

Même de façon imperceptible, tout avance, n'est-ce pas ?

jeudi 2 janvier 2014

sans trop savoir (au Louvre, 1er épisode)















"Il suffirait pourtant d'appeler... « Excusez-moi, je vous dérange, c'est idiot, je ne sais pas ce que j'ai, je n'arrive pas à retrouver le nom de ce peintre italien de la Renaissance, vous ne connaissez que lui, il peignait des personnages faits de légumes, de fruits... » aussitôt les secours arriveraient, le trou serait obturé, tout se remettrait en place... Mais où serait-elle, cette satisfaction, cette jubilation... la preuve que les forces qui veillent ici sont toujours capables à elles seules, sans aide du dehors, de parvenir à refermer ce qui peut n'importe où, à n'importe quel moment s'ouvrir, laisser passer, se répandre ces exhalaisons... le souffle, l'haleine de l'absence irréparable, de la disparition..."

Nathalie Sarraute, Ici, Gallimard, 1995


Ici, lieu de la mémoire et de l'oubli, de l'inquiétude face à ce qui, pense-t-on, nous manque, nous fait défaut. Ici : lieu qui révèle ce qui échappe, cette image qu'on ne maîtrise pas, trous et écueils, tyrannie de la bonne réponse.
Ici : le musée, le Louvre, boîte à trésors mais également caisse de résonance (en 2009, quand j'étais au CentQuatre et qu'il était désert, je me souviens avoir cherché ce que j'appelais le point de timidité maximum : l'endroit le plus exposé ; celui où, surtout, on ne voudrait pas se trouver. Là où le corps s'empêtre. Là où le jugement d'autrui sur ce qu'on renvoie de soi-même sans moyen de contrôle est inévitable. Le point de convergence des regards. Une fois que je l'avais repéré, je m'asseyais par terre et j'attendais. En fait, il ne se passait rien. Mais comment le savoir sans avoir essayé ?).

Lors de mon premier atelier au Louvre, j'ai proposé aux participants un exercice tiré du texte de Nathalie Sarraute, dans lequel un homme ou une femme est obsédé(e) par l'idée de ne pas retrouver le nom du peintre que le lecteur, lui, identifie relativement vite, plus vite que lui (ou elle) en tout cas. Une peintre célèbre, très célèbre, aux saisons immédiatement reconnaissables...
Oui, d'accord, voilà : Arcimboldo. Tout le monde l'a en tête.
(tout le monde, vraiment ?)
Arcimboldo. Bien sûr. Mais une fois le nom prononcé, à brûle-pourpoint, qu'en dire ? Que sait-on, soi, sans le secours d'un guide, sans chercher sur le net ou dans un dictionnaire, de l'oeuvre d'un artiste en réalité ?

L'exercice : prolonger le monologue intérieur du personnage, désormais pris dans un groupe, forcé d'aller regarder les Saisons d'Arcimboldo dans la Grande galerie (ce que nous avons fait). Sa peur : devoir montrer son ignorance ; être ou se croire obligé(e) de produire du discours. D'où vient ce personnage dont le lecteur, de toute façon, ignore presque tout ? Va-t-il se sortir de cette situation ? Le cheminement vers le tableau, les obstacles rencontrés, la foule, le bruit, révéleront-ils quelque chose de ses mouvements intérieurs, pour reprendre la terminologie de Sarraute ?

Se diriger dans le musée, convoquer ses craintes, sa peur de s'y perdre, son affolement devant le fameux savoir : une expérience. Un risque, même minime, à prendre, pour identifier ce qui entrave. Pour enfin lâcher prise et commencer à regarder, peut-être.

*

"C'est juste un bref coup d'oeil pour contrôler... non, pas contrôler, ce n'est pas la peine... c'est juste pour le revoir un instant, il est si attrayant, si drôle... Mais que se passe-t-il ? il s'est évaporé... l'image revient docilement, mais il l'a désertée... il n'est plus inscrit nulle part en elle... les raisins, les fraises, les pommes, les épis de maïs sont bien là, mais lui, n'y est plus..."

*

Pour tout savoir de ces ateliers du Louvre que nous sommes (joie !) quatre à mener et qui cherchent à conjuguer écriture, peinture et numérique sans oublier le lieu lui-même (et quel lieu), le mieux est sans doute de se rendre sur le site de Pierre Ménard, Liminaire, qui en fait une présentation précise, puis d'aller lire les textes écrits par Cécile Portier et Joachim Séné
(et bientôt, un site regroupera nos propositions et les textes des participants : à suivre, donc...)

vendredi 5 juin 2009

La traversée de Paris en détail

Voici le texte que je remettrai aux personnes qui viendront m'écouter demain au 104 (à 16h30). Il leur permettra, j'espère, de se repérer pendant cette lecture, qui est un collage de six textes différents. Un itinéraire sans carte, en quelque sorte...

La traversée de Paris


Quai de la gare (Franck)

Dans l'escalier des « frigos » (anciens entrepôts frigorifiques), à la fin des années 80 : voir la ville d'en haut, ses chantiers, ses travaux.

Place Denfert-Rochereau (Franck)

S'arrêter devant une petite compagnie de transports.

Place de la Sorbonne (Cowboy Junkies)

Au tabac, recevoir un cadeau. Rue Pierre-Sarrazin, se rendre chez New Rose.

Place de la Sorbonne (Franck)

Dans une salle de cours, suivre ou ne pas suivre un séminaire sur l'oeuvre de Marcel Proust.

Cluny La Sorbonne (Mobile immobile)

Entrer dans le musée du Moyen Age.

Boulevard Saint-Michel (Cowboy Junkies)

Prendre l'autobus 38, traverser la Seine.

Châtelet (Franck)

S'asseoir devant la fontaine des Innocents. La regarder ? Ne pas la regarder ?

Beaubourg (Mobile Immobile)

Se rendre au musée d'Art moderne dans une petite salle dédiée à Henri Matisse.

Oberkampf (Cowboy Junkies)

Dans une chambre de bonne, écouter la cassette offerte en cadeau.

Gare du Nord (Franck)

Dans la salle des pas perdus, puis devant la gare, aller à la rencontre d'un groupe de jeunes squatteurs.

La Chapelle (Fenêtres / Open space)

Regarder la station par la vitre du métro aérien.

Barbès-Rochechouart (Fenêtres / Open space)

Passer en métro aérien devant une fenêtre qu'on aime. Quatre ans plus tôt, sur la même ligne mais en sens inverse, s'attacher à une silhouette d'homme vu à la fenêtre de sa cuisine, de nuit.

Stalingrad (Fenêtres / Open space)

De la vitre du métro, toujours, regarder le paysage en été.

Jaurès (Fenêtres / Open space)

Découvrir, à travers la vitre d'une fenêtre, une mystérieuse ribambelle de rectangles de papier.

Jaurès (Au 103 bis)

Considérer le quartier comme le point de départ d'un certain nombre de trajets.
Se rendre au café Le Jaurès, s'y asseoir le samedi 21 février 2001 et décrire tout ce que l'on voit à travers les vitres de 15 heures à 16 heures précises.

Buttes-Chaumont (Fenêtres / Open space)

A l'entrée des Buttes, rue Mathurin Moreau, penser à Proust.

Rue Fessart (Franck)

S'intéresser à un graffiti caché sous un échafaudage.

La Villette (Cowboy Junkies)

Pique-niquer sur la pelouse, à côté de la grande Halle, à la fin des années 80.

Au CentQuatre (Décor III : Dita Kepler)

Accompagner Dita Kepler au jardin, dans la halle Curial.


Ouvrages cités :

Publiés :

Fenêtres / Open space, Editions Le Mot et le reste, Collection Ecrits, 2007. « Journal de trajet » écrit sur la ligne 2, dans le métro aérien, entre Colonel Fabien et Barbès en 2000 et 2001 et traversé par un second trajet, effectué quatre ans plus tôt, en sens inverse.

Cowboy Junkies, The Trinity Session, Editions Le Mot et le reste, Collection Solo, 2008. Evocation du deuxième album du groupe canadien Cowboy Junkies, The Trinity Session, écouté à la fin des années 80.

Inédit :

Franck, récit dont Cowboy Junkies est une variation. Un extrait (« Château-Landon ») est paru dans la revue en ligne D'ici là (numéro 1), publiée par les éditions publie.net. On peut également trouver des textes consacrés à l'écriture de ce récit dans la revue Dock(s) 2007-2008 et dans le deuxième numéro de D'ici là.

En cours d'écriture :

Au 103 bis, récit de trajet, entre Colonel Fabien et le CentQuatre cette fois. L'extrait situé dans le café Le Jaurès a été publié par le site web de Télérama en 2001.

Décor III : Dita Kepler, troisième volet d'un projet consacré aux décors. Le début du livre est situé au CentQuatre. La suite de l'extrait consacré au jardin a été lu au jardin d'Eole par la paysagiste Sophie Barbaux en mai 2009.

Mobile Immobile, projet de livre consacré aux musées parisiens.

jeudi 18 décembre 2008

Rien à faire je n'écoute plus que ça



alors qu'il y a encore deux jours c'était plutôt :


Découvrez Diana Ross!


tout ça à cause d'une exposition au musée du quai Branly au départ (bien, du reste : hiver et froid et glace, morses sculptés, langues diverses).













Et vous, vous écoutez quoi en ce moment (hiver et froid et gris et temps trop lent ici d'où le Velvet sans doute) ?