l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 1 avril 2018

Semaine #13 Relecture, mutations urbaines, engueulades et cosmogestation



















Dimanche Je me rends au CNES pour le festival Sidération mais, heure d'été aidant, assez tard. Je ne fais que suivre des couloirs, regarder, observer, prendre des photos de maquettes et de combinaisons spatiales, avant d'assister à une fin de conférence sur la "cosmogestation" (Est-il possible de faire un enfant dans l'espace ?) qui m'amuse, me change les idées - moi et deux autres visiteurs, nous nous sommes fait engueuler par un faux astronaute au bout d'un couloir où nous n'étions pas censés nous rendre et où il préparait une performance. Il nous parlait sèchement mais nous étions dans le noir, ne pouvions le voir, ne pouvions même savoir que c'était à nous qu'il parlait, ni qu'il était tourné vers nous, nous l'écoutions sans lui répondre, ce qui le poussait à continuer, situation absurde, bref. 

Le thème du festival est l'anecdote, justement (Anecdotes et faits divers), autrement dit ce contre quoi je me suis construite après avoir lu un texte de Genet quand j'avais une vingtaine d'années. Pas d'anecdote, donc, dans les deux "minutes" de Bruits confiées aux éditions de l'Attente pour la prochaine revue Espace(s) du CNES qui leur a donné carte blanche et paraîtra le 12 avril.
En attendant, ce que je voudrais, c'est que celle de l'astronaute au bout du couloir ne tue pas le désir de rêver d'espace, ni d'écrire. Mais je ne crois pas. Pour commencer, la cosmogestation m'a lavée du non-sens de la situation (!).














Lundi mardi mercredi Première relecture de Volte-face, plus rapide que je ne pensais - mais, méfiance, attendons la seconde. Le manuscrit est augmenté d'une page. Surtout, je n'ai qu'une envie, c'est de rester plongée dedans. Que faire de Bruits
Mille choses. Patience. Bruits est un jeu de piste.
Pour VF : unifier les sous-titres. Vérifier quelques informations (très peu, en fait, pour le moment, du micro-détail). Paginer, même si je n'ai pas l'intention, a priori, d'effectuer un tirage papier.
En écrivant cette phrase, je me rends compte que, déjà, pour A même la peau, je n'ai imprimé le texte à aucun moment. Jusqu'à Décor Daguerre, j'avais besoin de faire une impression du manuscrit au moment des relectures. Depuis, quelque chose a changé, semblerait-il. Volte-face fait pourtant l'équivalent de 450 pages de livre... Pourquoi ce besoin d'une vérification sur papier, d'une spatialisation différente du texte, passé de l'écran à la feuille, n'est plus à l'ordre du jour ? Je ne sais pas au juste. Ce qui est sûr, c'est que pour mes deux derniers livres, j'ai tout envoyé par mail aux éditeurs et que j'espère vivement continuer à le faire pour des raisons à la fois écologiques, économiques, pratiques et logiques.















Jeudi vendredi Relire sans pitié les passages qui m'ont parus les plus complexes, voilà ce qu'il reste à faire tandis que le vendredi, j'anime un atelier à Chartres, enregistre un peu de son où je peux (il pleut), aux alentours et dans la librairie.
Ces passages où je ne reste qu'une journée commencent à suivre quelques rituels : regarder comment avancent les travaux de la gare et du futur théâtre ABC ; passer à la médiathèque une fois descendue du train et changer d'étage à chaque fois... C'est fugace, et j'ai hâte qu'il fasse beau pour élargir le cercle, mais c'est déjà une sorte d'appropriation.


















 (en douceur, on a dit)

Ouvrir la porte de la pièce où ont lieu les ateliers. L'après-midi, nous travaillons à partir d'une citation du Yoko Ono de Christine Jeanney, dont François Bon lit longuement des extraits dans cette vidéo, Yoko Ono dans le texte, décidément "le" livre de ce début d'année en ce qui me concerne. Il s'agit, lors de cette séance, de passer de la photo à la musique grâce aux clichés de jazzmen de Jean-Pierre Leloir qui nous entourent, puis de la musique au(x) bruit(s) grâce à Y.O et John Cage, mentionné par Christine Jeanney et que Magali Albespy évoquait lors de son passage à la radio, rappelez-vous.

Au début de la séance, nous discutons d'autre chose : j'ai découvert, quand Magali est venue, qu'il était "impossible" d'entrer et de sortir du même côté au Monoprix situé près de la librairie : on entre par la rue principale et on sort forcément par la galerie commerçante, alors que le magasin est traversant. Ayant fait le chemin à rebours pour 1. vérifier si Magali s'y trouvait ou non 2. l'attendre devant l'entrée principale puisqu'elle n'y était pas 3. refuser de passer par la galerie pour ne pas risquer de la rater, puisqu'elle était peut-être passée par l'entrée principale voir si j'y étais pendant ce temps-là, etc., bref, éviter une blague à la Tati, je me suis (once more) fait remonter les bretelles par une vendeuse. Eh bien les participants à l'atelier ont commencé par trouver évidente cette circulation forcée, parce qu'ils y sont habitués et que l'argument a été intégré ("c'est pour éviter les vols"). C'est simplement au bout de quelques secondes que cette question de la liberté de mouvement rognée au fil des années leur est apparue. J'ai vu leurs visages changer, c'était même étonnant.

On dira que ce n'est rien, et (puisque ?) que c'est pareil partout - même chose au Franprix en bas de chez moi, il y a une porte vitrée très pratique mais elle ne s'ouvre que pour entrer dans le magasin, pas pour en sortir, pour "éviter les vols". Détail qui laisse flotter dans l'air un parfum de suspicion généralisée, contrainte spatiale qui s'ajoute, pour la parisienne que je suis, aux sièges "assis-debout" des quais de RER, aux très inventifs dispositifs anti-sdf, aux barrières anti-migrants, à l'encadrement des manifestations, etc.
Bien l'intention d'être très attentive à ces "détails" qui orientent la circulation des personnes dans Bruits.

(en douceur, disait-on)

Samedi Je découvre que la vidéo de la rencontre avec Delphine Bretesché animée par Alain Nicolas pour les Enjeux contemporains de la littérature, festival organisé par la Maison des Ecrivains est en ligne (depuis le mois dernier...). Le sujet en était les mutations urbaines. En voici l'adresse. N'hésitez pas à aller à la fin de la vidéo écouter la lecture de Delphine, inspirée par sa résidence d'un mois au Québec : ça vaut vraiment la peine !



Sinon, pas de 36 secondes pour L'aiR Nu encore cette semaine. Plongée dans mon manuscrit, je n'ai pas le temps de lire les livres des autres, ce qui me manque, d'ailleurs. La semaine prochaine, j'espère.

dimanche 25 mars 2018

Semaine #12 première(s)













 
Semaine où je n'écrirai ici sans doute pas beaucoup, car il y a à faire.

Dimanche Me rends chez Christie's pour la première fois pour admirer les tableaux de la collection Rockefeller bientôt en vente. Un Gauguin magnifique représentant une vague géante, des baigneurs minuscules qui s'enfuient, mais trop de monde devant : je ne collecte que cette petite pomme de Picasso.
Lundi, mardi La relecture de Volte-face galope, j'en suis à la moitié. Très étonnée du peu de corrections pour le moment. Ca ne saurait durer, si ?
Et Bruits ? Pour avancer un peu, je monte et poste cette minute sexy (!) et douce à la médiathèque de Chartres : 


Mais déjà, mardi soir, publie.net fête ses dix ans, et nous intervenons avec Virginie Gautier et Joachim Séné pour une lecture à trois voix, balade dans les textes récents ou plus anciens de la maison. Lucien Suel, Maryse Hache, Juliette Mezenc, Pierre Ménard, Cécile Portier, Mathilde Roux, Martine Sonnet, Sébastien Ménard... (j'en oublie). Joachim propose, pour L'aiR Nu, un mur mouvant d'extraits de textes que vous retrouverez bientôt en ligne.











On y entend












(Julien Boutonnier)











(Fred Griot)
Nadine Agostini au début, François Bon à la fin et entre eux deux d'impressionnantes lectures de Julien Boutonnier et de Fred Griot avec ses musiciens, le tout présenté, courtes citations de Christine Jeanney à l'appui, par Guillaume Vissac, après rappel de ce qu'est aujourd'hui la maison par Philippe Aigrain, le président de publie.net.

















(ici, Guillaume Vissac)
Les photos ci-dessus, sauf celle de Julien Boutonnier prise par Pierre Ménard, sont de Philippe Aigrain. A ce propos, Pierre Ménard  a capturé quelques fenêtres sur mon Ipad : bravo pour le coup d'oeil !



















Nous sommes tous, dans l'ensemble, assez bariolés, à naviguer dans le catalogue...

(Roxane Lecomte, à qui on doit les très belles couvertures des livres, avec Philippe Aigrain)













Bien contente également d'y avoir vu François Bon, qui lisait du Berit Ellingsen. Le dimanche suivant, il met en ligne une vidéo de la soirée sur sa chaîne Youtube, qui en annonce d'autres : à suivre, donc, la semaine prochaine.

Que vive publie.net et son équipe, et qu'ils prospèrent : ce qu'on m'aura dit plusieurs fois, après les lectures, c'est à quel point nous semblons nous entendre. Oui, c'est vrai. Pas de concurrence mais une écoute réelle, du soutien mutuel. Utopique ? La question ne se pose pas : c'est du présent pur, qu'on savoure après avoir fait au mieux pour que les choses fonctionnent. 
Ensuite, elles se mettent à circuler : ainsi, à la Vallée aux Loups j'irai interroger Joachim en avril sur son travail, retrouverai Virginie à Chartres ce même mois, puis à Montpellier fin mai en compagnie de Juliette Mezenc et de Guénaël Boutouillet... Parmi les gens avec lesquels je monte des projets ou travaille, tous ne se connaissent pas. Quand ils se rencontrent, j'ai souvent dans l'idée qu'ils vont s'entendre et, en effet, ça marche. Etonnant, non ?

















(Cowboy Junkies, photo de Christophe Basterra)

Mercredi jeudi vendredi  Départ pour Clermont-Ferrand mercredi et son festival Littérature au Centre, au sein duquel je vais parfaitement me sentir, à la fois un peu seule et entourée, trouvant le temps de voir un ami, poursuivre la relecture de VF, parler de Bruits et donc y penser, croiser la manif du jeudi, rencontrer des lycéens, écouter la passionnante conférence d'Olivier Mongin sur les villes et les flux, assister à une représentation de danse liée au thème, si porteur, des émotions refoulées...
Pas le temps pour les 36 secondes, par contre, qui attendront la semaine prochaine.


















(valise de VRP à plusieurs éditeurs)














(salle vide du lycée où j'interviens le jeudi, juste avant l'arrivée des élèves. J'y lis des extraits de Fenêtres et de A même la peau, effectuant, en tout cas pour moi, une sorte de boucle métropolitaine, montre le teaser de Diptyque, celui de Laisse venir et je ne sais plus trop quoi encore... L'heure file à toute vitesse, pas le temps de beaucoup d'échanges mais une belle écoute)


















(se balader dans son pâté de maisons et hop, voilà ce qu'on trouve)

Le jeudi, c'est donc intervention au lycée, le vendredi, au sein du festival. Je présente une partie de ce que je fais en compagnie de Bernard Lescure, professeur de lettres que je remercie de sa générosité, de son attention à ce que j'écris, s'il passe sur ce blog. J'ai l'occasion de montrer un peu du Dita Kepler codée par Joachim Séné et le teaser de Diptyque, si beau...
A la sortie, une spectatrice me dit qu'elle me trouve déroutante, mais qu'elle a envie d'aller y voir de plus près. Déroutante ? Je me trouvais très cohérente, moi, pourtant, avec mes décors personnages, mes personnages décors, ma narration arborescente ! Mais voilà qui me plaît, et je prends, bien sûr.
Je découvre par ailleurs que tous les Décor Daguerre présentés devant la salle ont été vendus : c'est la première fois que j'entends cette phrase, "on a tout vendu" ! (on ne m'en voudra pas : je me fais le plaisir de la noter ici, pour les jours de déprime, s'il y en a)


















A l'aller, j'avais profité de ma place de première en Intercité au maximum (pas de bruit, soleil illuminant le paysage mais pas sur le visage...) pour relire VF avec attention. Au retour, toujours en première, je me retrouve avec une place imaginaire, une mystérieuse place 34 qui n'est pas indiquée. Place imaginaire en première, en première vraiment mais dans l'imaginaire, place qui invite à en prendre une autre, wagon qui contient cette place... Voilà qui est parfait.

Samedi : à la cinémathèque, Peaux de vaches de Patricia Mazuy, avec Jean-François Stévenin et Sandrine Bonnaire, film qui décape. La réalisatrice, qui intervient à la fin de la projection, a un franc-parler qui me réjouit. Au festival de Clermont, à un moment je me suis sentie basculer quand un historien qui intervenait sur les bas-fonds, son sujet de prédilection, nous a englobés dans un tout, celui des gens qui n'en font pas partie mais qu'ils fascinent. Prenant sa suite, j'ai indiqué que non, je ne pouvais faire partie de ce tout, ai expliqué pourquoi. Que d'une certaine façon, je me sentais du côté des bas fonds - merci alors à Bernard Lescure, qui a lu Franck, de son appui.
Le lendemain, même si je n'en sais rien, il m'a semblé que Patricia Mazuy aurait pu dire la même chose.

Dimanche : continuer la relecture de VF, puis se rendre au festival Sidération du CNES. J'ai candidaté par mail pour enfiler une combinaison spatiale, mais pas de nouvelles, à mon avis ça ne marchera pas... Tout comme les vidéos de François, à suivre la semaine prochaine.

dimanche 28 janvier 2018

Semaine #4 lectures


Dimanche Tout entière encore dans la joie de la veille, j'ai à peine posté l'article de la semaine précédente que j'apprends une grande nouvelle : Agnès Varda a l'intention de tourner un nouveau documentaire, dans lequel il sera question, une fois de plus, de la rue Daguerre et de Los Angeles.

Mais à peine le temps d'y penser qu'il faut penser à autre chose : la semaine prochaine, à l'invitation de Patrick Souchon, j'animerai avec Jean-Michel Espitallier et Hélène Merlin-Kajman deux jours de formation à la Maison de la poésie à destination d'un groupe d'enseignants. Il s'agira de présenter mon travail puis de proposer des ateliers d'écriture en ayant en tête un axe central, celui de la lecture. Je décide, pour mieux y réfléchir, de noter durant une semaine non seulement ce que je lis, mais aussi ce que je ne lis pas, en me demandant pourquoi, comment, dans quel cadre... Qu'est-ce qui empêche, propulse, entrave ? Quel rôle ont le numérique, les réseaux sociaux, mon propre travail d'écriture là-dedans ? Le semainier, ici-même, sera le reflet de ces questions.

C'est ainsi que lundi, je sors de l'étagère Marilyn 1962 de Sébastien Cauchon, lu à sa parution mais dont j'ai besoin pour mon chapitre consacré à Lawrence Schiller, photographe qui, à 25 ans, a pris quelques clichés bien connus de MM sur le plateau de son dernier film :



















La nuit tombe, le livre n'a pas été ouvert. Pourquoi ? C'est qu'auparavant il a fallu s'occuper de la rencontre de jeudi pour les Enjeux contemporains de la littérature, organisée par la Maison des écrivains. Il est question que je lise un extrait de Décor Daguerre. Du coup, je le relis à voix haute. Tiens, je ne l'aurais pas enregistré et posté sur Soundcloud, celui-là ? Ah mais si.

Nouvel onglet. Ouverture de Souncloud. Et puisque j'y suis, pourquoi ne pas poster une ou deux lectures effectuées lors de la nuit à la Vallée aux loups samedi ? Réécoute d"extraits de Violette Leduc, de Raymond Carver. Mise en ligne.

Et tiens, celui-là, d'extrait, il ne pourrait pas servir pour la formation à la Maison de la poésie, durant laquelle j'ai également l'intention de raconter ce qu'est un oloé ?

Marilyn, la relecture du livre de Cauchon, l'écriture s'éloignent. Je suis censée, également, aujourd'hui, lire et annoter les textes d'étudiants écrits lors d'un atelier que j'ai animé le mois passé à Clermont. Je suis également censée en écrire un. La lecture et l'annotation doivent être faites pour demain. 
Mais enfin, c'est la nuit, qu'est-ce que j'ai fait, exactement ?
Ecrit un post pour L'aiR Nu. Pas lu cet article (onglet ouvert). Envoyé sept mails. Réfléchi (à l'intervention pour la MEL, à la formation, à Marilyn, à Bruits) sans écrire - ce qui aurait sans doute été plus rassurant, pas nécessairement plus actif. Lu sur Diacritik cet article, qui m'a donné envie de lire les livres dont il est question.

J'ai aussi été regarder cette vidéo d'Arnaud de la Cotte, ce qui m'a fait penser au dernier livre de Virginie Gautier, A l'approche (qui est dans mon sac) et au fait que j'aimerais en parler, ce que d'ailleurs je ferai un de ces jours. Il faudrait que j'envoie un mail à Virginie...
Et tiens, est-ce qu'il ne faudrait pas commander et lire le livre de Lawrence Schiller, Marilyn and I ? (onglet ouvert)

Les textes des étudiants, bon sang !

Qu'est-ce que je fais là, à la place ? J'écris un texte qui me servira de support pour la formation de la semaine prochaine. Ah oui. Si je continue à l'écrire, je ne vais jamais lire...
(bien entendu, cet article est faussé, car je fais également des choses que je ne raconte pas, au lieu de lire)




















mardi Lu et annoté les douze textes des étudiants, dont deux dans la salle d'attente du dentiste ; relu le chapitre sur Lawrence Schiller dans le métro (note : ce photographe ne m'inspire pas, sans doute la raison pour laquelle à chaque lecture je ne retiens rien) ; acheté dans la librairie d'occasion qui ferme, près du cabinet médical, Exquise Louise d'Eugène Savitzkaya (commencé dans le métro), et L'Explosion de la durite de Jean Rolin. Une embrouille sur le quai de Barbès a fait cesser ma lecture de Louise. Trop de monde, trop de bruit.
J'ai pensé qu'il fallait penser aux 36 secondes de vendredi : que lire ?
Et les articles pour Bookwitty, alors ?
(misère...)

mercredi : je poursuis la lecture de Claustria de Régis Jauffret dans le métro plus longtemps que prévu car un acte manqué (croire avoir perdu son agenda, tiens donc) me contraint à de nombreux allers retours. J'emporte Claustria quand je veux un livre qui me tient (la claustration me fascine, pour des raisons littéraires et extra-littéraires) et que je trouve facile à lire. Je ne le prends pas quand j'ai trop de choses dans mon sac, ou mal au dos d'avoir porté trop de choses...




















jeudi : Je lis A l'approche de Virginie Gautier dans le RER A, livre qui s'y passe, justement, en me rendant à Nanterre Université aux Enjeux, où j'interviens avec Delphine Bretesché. Comme j'ai envie de faire de cette journée une page pour L'aiR Nu, je lis à haute voix et enregistre directement sur le quai du RER un extrait, sans que personne ne bronche.
















(découvert il y a quelques temps que Virginie avait mentionné discrètement dans son texte les deux corps de A même la peau. Ne pas lire cet extrait à haute voix mais s'en souvenir, sourire en  grimpant dans le wagon)

Avec Delphine, nous voulons enregistrer les 36 secondes à Nanterre (car oui, j'ai trouvé que lire, ou plutôt qui faire lire !), mais nous n'en avons pas le temps. Ce sera pour le lendemain matin, à l'étage du Café de la mairie où Perec épuisa son monde.



















vendredi 9h20 Delphine Bresteché lit donc deux extraits de Bureau 114 dont nous avons eu l'exclusivité à Nanterre la veille. J'ai bien du mal à ne pas rire quand elle "incarne" Maud la coiffeuse québécoise (je ne m'étais pas retenue hier !). Derrière nous, une jeune femme travaille sur son ordinateur. J'ai peur que nous l'ayons gênée mais, au moment de quitter les lieux, elle nous dit que non, qu'au contraire elle est contente d'avoir assisté à cet enregistrement impromptu.
Avec Delphine, nous passons notre temps à nous réjouir, à être heureuses d'être là.
Je la quitte au Vieux Colombier où les Enjeux se poursuivent pour retourner plancher sur ma formation.



















La formation de la semaine prochaine ? Oui, certes, il faut y penser. Cependant, avant, le samedi, j'anime un atelier d'écriture. Quels auteurs choisir ? Ce sera Xavier de Maistre (Voyage autour de ma chambre) et Lucien Suel (Ni bruit ni fureur). J'entame également la lecture de Voyages et autres voyages d'Antonio Tabucchi pour ce même atelier, à rendre bientôt à la bibliothèque.

Mais dis donc, il faudrait peut-être revoir un peu ce que tu vas lire de A même la peau et des Oloé aux enseignants lundi et mardi ? me dis-je.
Impossible : saturation.
Je n'écris pas depuis un certain nombre de jours, ça commence à courir, à porter sur les nerfs, ce manque.
Voilà qui me rappelle Bougé(e) d'Albane Gellé, l'extrait choisi lors de la nuit de la lecture.
Je n'écris pas. A la place, j'écris cet article.
Il faudrait aller renouveler la carte de bibliothèque. A Villon. En rendant Tabucchi. Pas fini, à peine commencé.
Villon : bibliothèque où j'animerai bientôt un atelier.
Pour lequel il faudrait...

Saturation.













jeudi et samedi, retourner à la galerie où l'exposition de Mathilde Roux se termine, y entendre Cécile Portier y lire un texte qui commence par l'évocation du faux plat, se poursuit par celle des bruits du monde.
La barre est haute, grande la stimulation.

jeudi 2 novembre 2017

Agenda de novembre



















Evidemment, pour moi, le mois de novembre est celui de la parution de A même la peau chez publie.net : ce sera le 15 novembre, officiellement.  Voici, en guise d'accompagnement, un extrait de la seconde partie du diptyque intitulée En pièces. Elle évoque un recueil de photos dont le modèle est une femme, le photographe un homme. 

Chaque femme peut-être le soir dans son miroir en se déshabillant a rêvé de cette pose : le pull qu’on enlève par le haut, bras tendus, qui cache le visage et vient montrer les seins. Chaque femme ne voit pas ce que le photographe, lui, fait apparaître : les côtes qui saillent, le ventre rentré, les aisselles et l’absence de visage, donc, qui peut-être grimace, se renfrogne, peut-être est le plus beau du monde, joues frottées à la laine et roses tandis que l’oxygène ne manque pas encore.
Les femmes les devinent pourtant, ce ventre, ce buste allongés par le geste, étirés vers un point du plafond. Elles en reconstituent l’image et jettent un oeil pour vérifier, baissent le pull un instant avant de reprendre la pose.

En réalité, j'écris "sur" la photographie depuis Décor Daguerre, travail continu depuis 2013 et toujours à l'oeuvre (le Marilyn m'occupe depuis plus de deux ans maintenant). Rien d'étonnant, donc, si un peu de cette obsession réapparaît ce mois-ci. 
Deux jours après la parution, le 17 novembre, je serai d'ailleurs au Salon des éditeurs indépendants à Paris, sur le stand de publie.net pour une signature. Publie.net est vraiment une maison qui bouge, s'investit, se démène. Comme chez L'Attente, j'ai été extrêmement bien relue et je profite de cet article pour le dire : merci à Guillaume Vissac, Virginie Gautier, Christine Jeanney et Jean-Yves Fick de leurs regards attentifs, à Roxane Lecomte pour la belle couverture et le travail sur la maquette, à Philippe Aigrain pour la confiance. Merci à tous ! Mes 36 secondes de vendredi leur sont dédiées, avec un extrait de Je ne me souviens pas de Joachim Séné (qui suit La Crise, qui ressort, vous suivez ?) et de Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire de Virginie Gautier, livre dont nous avons lu, avec Virginie et Guillaume, des extraits à la librairie L'Autre livre il y a quelques jours, ce que vous pouvez entendre ici












A propos d'écoute, de son, de voix, je participerai avant tout cela, le 11 novembre à Bordeaux, au festival Ritournelles qui, pour l'occasion, ouvrira une radio. Ce sera pour Décor Daguerre, toutes les informations sont ici.
Et comme novembre, décidément, est un mois riche, le 24 je serai à la Maison de la poésie, à Paris, invitée par remue.net, cuisinée par Sébastien Rongier sur ma vie, mon oeuvre, le collectif et le numérique, et le 25 à la Vallée aux Loups pour mon troisième atelier (là, on affiche complet, il y a même une liste d'attente qui fait ma fierté !).
A très bientôt, donc, je l'espère, ici ou là.

lundi 18 janvier 2016

L'aiR Nu fait son festival


















Avis aux parisiens comme aux habitants de Veneux, de Moret, de Montigny et des environs : Olivier Hodasava, Virginie Gautier, Benoît Vincent et Lucien Suel seront les invités de L'aiR Nu samedi prochain, le 23 janvier, de 17h à 19h. Les lectures auront lieu à partir de 17h à la bibliothèque de Veneux-les-Sablons, où nous avions déjà animé un café littéraire début décembre. Celle-ci est située 5 rue Claude Bernard, à Veneux, à 50 minutes de la gare de Lyon par la ligne R (le Navigo suffit).




















Cette même ligne R conduit à Montigny où, juste avant, de 14h à 16h, Mathilde Roux proposera un atelier à la bibliothèque qui, les choses étant bien faites, expose ses collages jusqu'au 30 janvier. 
Autant dire que vous êtes chaleureusement invités à vous joindre à nous, à Montigny d'abord, puis à Veneux. A samedi !