l'horloge de la gare de Chartres

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vendredi 3 avril 2009

103 bis / début de printemps










Tout commence par cet arbre de l'avenue de Flandre, le premier fleuri du trajet. Hors cadre, un sac plastique accroché aux branches (mais pourquoi ne pas l'avoir photographié ?).













Buttes Chaumont
rue Riquet
au 104

jeudi 8 janvier 2009

Le 103 bis par son réverbère





















































































Quartier Stalingrad - Riquet, XIXe arrondissement de Paris. Dans le décor : la place de la bataille de Stalingrad et le métro aérien ; la rotonde de Ledoux ; un bâtiment de bureaux de construction récente (années 2000) ; le début de l'avenue de Flandre ; le bâtiment de la Sécu ; les Orgues.

(pour mémoire, j'appelle 103 bis le trajet qui me conduit de chez moi au 104)

mercredi 19 novembre 2008

103 bis

Toujours en attente de la réponse du 104 où j'ai déposé un dossier de résidence (pour l'instant passé le premier tour, ce qui n'est déjà pas si mal), je décide d'aller y écouter des lectures. C'est dimanche, le temps est incertain (gris ? froid ?). Sors du 103 (chez moi) et me rend au 104 à pied. L'intervalle, le trajet entre le 103 et le 104, ce sera donc le 103 bis.


Au 103 bis on trouve une école primaire (porte bleue), un marché couvert (de type Baltard), le métro aérien (sans blague), la place de la bataille de Stalingrad (qui n'accueille plus de fête foraine), le MK2 quai de Seine (tiens je voudrais voir Stella), l'avenue de Flandre, l'avenue de Flandre, l'avenue de Flandre jusqu'à la rue Riquet - hop, bifurcation, rue Curial, entrée au 104.

Soit, traduit en maçonnerie :
























les Orgues déjà citées, cette fenêtre près de la rue d'Aubervilliers :









et enfin le 104.










Entrée rue Curial, donc. Très bien accueillis (si vous êtes perdus demandez, on vous renseigne tout de suite, on vous conseille même), nous voici d'abord au jardin












qui crie :












mais c'est juste l'heure du goûter. Chocolat chaud, 2,50 dans une grande tasse, pas mal. De l'autre main cette photo prise :









(les Orgues, toujours)
Alors, ces lectures, c'est où ? Il y a un point de rendez-vous à côté du camion de pizzas, on vous emmène dans un coin du 104 sans vous dire lequel et on vous lit un texte. Selon l'heure, il s'agit de l'un ou l'autre des vingt-deux écrits inspirés par une vidéo de Melik Ohanian, sept écrans juxtaposés dont l'ensemble s'intitule Seven minutes before (et en dure une vingtaine). Très beau travail, riche, dense, images de montagne, rivière, galets, herbe, route, aigle, loup, hommes, femme, camion qui brûle ; musique, déclamation, bruits d'eau, feux, nuit qui tombe...
Je rate la lecture de quinze heures au pied du château d'eau.
Mais je suis celle de seize. La lectrice, la comédienne Simone Keresztes, nous entraîne donc dans un lieu secret qui se trouve être le bureau des directeurs. Hum... Comment résister à l'envie de fouiller partout pour essayer de trouver la moindre info sur l'appel à résidence ? Je résiste. Reste sage. Me cramponne à la table. Prends juste une photo de la fenêtre, de la vue :












et jette un oeil vite fait aux étagères : Beckett, Genet.
Puis écoute la lecture, un texte de Pekka Himanen sur la société en réseau qui bien évidemment me parle. Discussion chaleureuse ensuite, et ce fut l'impression d'ensemble ce jour-là : des rencontres, découvertes, échanges... Tout le contraire du truc sans âme qu'on aurait pu imaginer, dont j'avais eu peur à l'inauguration.
Je me disais en reprenant le 103 bis : si ça ne marche pas, la résidence, en serai d'autant plus déçue. Mais je reviendrai...

vendredi 14 novembre 2008

Orgues de Flandre










J'ai vécu rue de Flandre (désormais avenue), dans le XIXe arrondissement, entre 1999 et 2000, à mi-chemin des stations Stalingrad et Riquet, dans un immeuble qui donnait sur deux cours. Chaque matin, je prenais la ligne 2 pour aller travailler à Courcelles. Chaque soir, j'allais chercher mon fils chez la nourrice rue Riquet au seizième étage d'une tour qui donnait sur le bâtiment du 104 et les Orgues, cet ensemble qu'on peut voir en partie et de loin sur la photo de PdB ci-dessus (prise rue de Flandre, justement).

Arrivée dans le quartier enceinte de sept mois, en été, j'ai passé un après-midi à photographier les Orgues sous un ciel très bleu. Agressée par cette architecture saillante, complètement écrasante vue du trottoir, j'ai essayé de lui opposer le maximum de rondeur, pour l'apprivoiser. Ca n'a jamais marché. Les Orgues sont restées telles quelles : des haches, des couteaux, des fenêtres dans le vide ; un square minuscule au milieu des tours, qu'il est question désormais de faire surveiller par des caméras ; une suite d'infrastructures inadaptées (poste trop petite pour le monde qui y a son compte, etc).

En ce moment, la tension est très forte dans le quartier, on le sait. Et en même temps, on ne peut s'empêcher de souffrir que la presse le réduise à ça (air connu).

A l'époque, c'était déjà difficile : le crack à Stalingrad, dont je parle un peu dans Fenêtres. Ce que je ne disais pas, c'étaient les détours avec la poussette pour rejoindre Riquet en évitant la ligne droite, rue du deal où cent paires d'yeux vous regardent, insistent en espérant vous faire presser le pas (c'est vrai, quoi, à la fin : qu'est-ce que vous foutez là ?). Arrivée vers les Orgues ça allait, dès que montée chez la nourrice : grande pièce bleue, jouets, tapis, plantes et photos, parfum de cuisine mauricienne qui donnaient au quartier son centre. Mais en bas, même sans que rien ne se passe, sans rien qu'on puisse en dire, les rues, les carrefours restaient sur leurs gardes : pas moyen d'y trouver sa place, même dans le mouvement, malgré les arbres, les bancs, le ciel large qu'on ne voit pas ailleurs. Pourquoi ?

Seul bon souvenir : le "parcours d'obstacles" avec le petit, tous les soirs, quand il a su marcher et qu'on a laissé tomber la poussette : une rambarde, un muret, l'escalier, une descente, une montée, un plat, etc. Une petite création à deux, danse du bout de la main qui tient la main de l'autre.










(une des tours des Orgues, au fond, vue du 104)

Aujourd'hui la rue de Flandre reste dans sa crispation, son malaise, alors que les quais de Loire et de Seine se sont métamorphosés, ont pris de l'ampleur avec l'arrivée du second MK2, d'un restaurant sur la place de Stalingrad. C'est facile à saisir : entre ces deux parallèles, Flandre et les quais, l'écart est toujours palpable, les mondes ne se mélangent pas (sauf sur la place, et c'est nouveau). C'est dû à quoi exactement ? A la laideur des Orgues, qui fait repoussoir ? Au fait qu'il n'y ait rien à voir ? Et est-ce que c'est en train de changer ?

D'autant qu'on s'y attache, même sans s'en rendre compte, aux couteaux et fenêtres dans le vide.