l'horloge de la gare de Chartres

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lundi 22 juin 2015

Revoir La Douceur dans l'abîme

C'était il y a une douzaine d'années, à République, je crois (mais peut-être non), dans un cinéma : une projection de La Douceur dans l'abîme, film de Jérôme Schlomoff faisant suite au livre du même nom, lui-même issu d'ateliers d'écriture menés par François Bon avec les sans-abri de Nancy, en 1999-2000, qui m'avait beaucoup marquée. Bien sûr, le sujet m'était proche mais au-delà, il y avait ceci : filmer les hommes et les femmes qui ont à un moment ou à un autre parlé d'eux, de leur vie, de la rue, de leurs peurs, douleurs présentes ou surgies de l'enfance en droite ligne, dont les paroles ont été recueillies et qui assis à table, face à la caméra, appuient sur le bouton Play d'un radio-cassettes, écoutent quelqu'un d'autre lire leurs paroles devenues texte, ou le texte qu'ils ont écrit (on ne sait pas et la question n'est pas là, je crois). Des photographies de leurs visages alternent avec ce que le film montre de ces mêmes visages en mouvement : leur extrême attention dans l'écoute. Le procédé m'avait paru et me paraît toujours d'un respect, d'une justesse parfaits.

On peut désormais voir ou revoir ce film de 52 minutes gratuitement sur Vimeo.
Sur Tiers Livre, le site de François Bon, on peut également retrouver les textes des participants aux ateliers.

jeudi 19 novembre 2009

Château Landon / Paris vu par

Allez savoir pourquoi telle ou telle image compte tant... La veille de rendre à mon éditrice la version définitive de Franck, texte organisé par lieux dont le premier est précisément ce pont de la rue La Fayette, entre la gare du nord et la gare de l'est, je regarde à nouveau "Gare du Nord", court-métrage de Jean Rouch tiré de Paris vu par. Ce qui compte, ce qui a compté à vingt ans la première fois au cinéma, ce n'est pas la scène de ménage (assez ratée, me semble-t-il) ni même le discours de l'inconnu. C'est Paris vu de haut, les travaux, la grue, la gare de loin, le zoom sur la fenêtre, la nappe à carreaux. Les travaux ensuite à travers la vitre, la marche de la fille, le soleil, la rue, le pont et ses croisillons...





Puis, pur plaisir, cet extrait du sketch de Jean-Daniel Pollet, "Rue Saint-Denis" avec Micheline Dax et Claude Melki (c'est peu dire que je l'aime) :

dimanche 16 mars 2008

Regards à la fenêtre

La Ferme du buisson présente jusqu'à mi avril Regard-Caméra, Portrait de l'artiste en spectateur. Une exposition dans laquelle onze artistes proposent des vidéos, des photographies et des dessins pris de leur fenêtre. Parmi eux, le Story-board de Gilles Balmet, par exemple, qui fait alterner images arrêtées d'une vidéo tournée devant un centre commercial et croquis de ces mêmes images : entre ce que l'on croit comprendre d'une altercation et ce qui a vraiment eu lieu, le décalage vaut la peine d'y aller voir. Autre vidéo à découvrir : celle de Fiorenza Menini, Untitled. 28 minutes tournées le 11 septembre 2001 d'une fenêtre de Brooklyn, par hasard, durant lesquelles la première tour du World Trade Center s'effondre. A la fin, l'image, envahie par la fumée blanche, n'est presque plus lisible.

Dans le cadre de cette exposition, la Ferme du buisson avait lancé un appel à contribution aux internautes. Un montage des travaux reçus, d'une durée d'une heure environ, a été présenté hier soir. S'y trouvaient des travaux d'artistes, mais pas seulement. Au passage, on a pu voir au début mon petit trajet Jaurès-Colonel Fabien (ultra pixellisé sur grand écran mais tant pis!). Le film s'intitule De votre fenêtre. Il devrait être bientôt visible sur le site web de la Ferme du buisson, site qui doit être refondu. Je vous tiendrai au courant...

jeudi 30 août 2007

Lus, vus, aimés

J'avais commencé à penser à cette liste pendant l'été, avec l'idée dès le départ de mêler livres et films sans les distinguer. Je pensais y mettre ceux que j'avais aimés sur le moment, avant (Chao Praya), pendant (12 soeurs slovaques, Fin d'automne) et après Berlin. Mais l'un d'entre eux, lu plus tôt, s'est mis à dépasser de l'étagère : Les Anges, Violeta. Ca ne m'étonne pas de lui. Quand je pense à mes deux dernières années de lectures je pense à lui. J'ai donc ajouté ceux qui s'imposaient, tout de suite, sans réfléchir : Claire Dolan, le deuxième film de Lodge Kerrigan ; Visages noyés, de Janet Frame ; ou encore Les Fenêtres murées d'Alexandre Vona, découvert comme le Calet, De ma lucarne, par hasard à la bibliothèque Villon. Il y en a, il y en aura d'autres.

Et à propos de bibliothèque, si on veut on peut toujours aller voir ...