l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 22 juin 2014

décors (après la nuit remue)















Hier soir, lors de la 8e nuit remue et durant 8 minutes, j'ai réuni pour la première fois mes trois décors : deux extraits de Décor Daguerre, puis un extrait de Décor Lafayette, et enfin le début de Ile ronde, déchirure tempête, la variation pour Dita Kepler que je suis en train d'écrire. 
Ce n'était pas rien, pour moi, cette possibilité de les assembler ainsi. Lorsque j'ai eu l'idée de ces textes (en 2006 !), j'ai vraiment imaginé les trois en même temps, en quelques instants à peine, et tout de suite m'est apparu le désir de les écrire de façon parallèle. Je savais que ce n'était pas possible. Pourtant, d'une certaine façon, c'est peut-être ce qui s'est passé. En préparant cette lecture, en tout cas, j'ai eu le sentiment d'appréhender pour la première fois un ensemble.
Aussi, grand merci à remue.net de cette invitation (qui permet à certains auteurs de débloquer des choses, de faire avancer de nouveaux textes, oui, on l'a encore découvert hier) et de la belle écoute des personnes présentes.















Je pense que je ne saurai jamais vraiment pourquoi j'ai décidé un jour, dans le couloir de mon appartement, d'écrire sur la notion de décor, qu'il soit disparu, naturel, factice, virtuel, en mutation, ancré dans la ville... J'en ai une petite idée, bien sûr, mais je crois que ça ne m'intéresse pas de creuser davantage la question. Pas tant que j'écris, en tout cas. Ce dont j'ai eu la sensation hier soir, cependant, et plus tôt en effectuant le montage de mes textes, c'est que je pouvais continuer à travailler les trois séparément (ce que j'ai fait chaque fois que j'en ai abandonné deux pour écrire le troisième) mais également commencer à réagencer les trois en faisant se répondre certains éléments.















Le premier extrait de Décor Daguerre que j'ai lu hier soir s'appuie sur une fiction de 1964 (film utopique, néanmoins réaliste).
Le deuxième, toujours issu de Décor Daguerre, est lié au présent de l'écriture, à l'enfance et à un documentaire de 1975 (on se demande lequel !).
Le troisième, tiré de Décor Lafayette, inspiré lui aussi d'un documentaire (pas le même), est daté comme le film de fiction de 1964.
Enfin, le quatrième, début de Ile ronde, s'inscrit lui aussi dans le temps, puisque Second Life est mentionné, mais différemment : le personnage principal, Dita Kepler, n'est pas un personnage mais un avatar, ce qui dans mon esprit n'est pas la même chose. Quant au décor, il hésite entre plateforme de jeu et lieu réel. Autant dire que les repères temporels sont eux aussi bouleversés.















Tout cela m'apparaît par frictions, juxtaposition des trois ensembles (difficile de parler de texte, et moins encore de livre, pour Dita Kepler qui est tout explosé). D'une certaine façon, ce qui vient, ce sont des plateaux : 
plateau fiction documentaire virtuel réalisme ou non
plateau nature du personnage (personne réelle personnage avatar)
plateau décor (et je réalise ce matin que dans mon projet de départ il y avait ce "décor naturel", mis de côté pendant des années et qui m'a finalement été apporté l'an dernier, grâce à la résidence de Grand Lieu... sur un plateau !)

Et me voilà à sauter de l'un à l'autre comme dans un jeu de plateforme : oui, l'image est la bonne, davantage, même, que celle des branches de l'arbre (auquel Décor Daguerre se réfère, j'en ai déjà parlé ici), même s'il n'y a pas d'ennemi ou de but à atteindre.















Tout cela peut, du moins je le crois, causer sans toujours le dire violence colère douceur meurtre liberté bonheur angoisse dégringolade remontée en me laissant sauter, sautiller d'une plateforme, d'un plateau à l'autre, danser sur un pied, prendre de l'élan, tomber et repartir sans que ne se fige, se fixe quelque chose.
C'est en tout cas la sensation que j'ai eue hier soir.
(et donc ça remuait !)

*

photographies prises dans la chambre rose du château de la Sénaigerie, où se trouve actuellement Dita Kepler

dimanche 22 mai 2011

Oloé, J-1 : autres lieux















Saint-Ouen, Espace 1789 (écrire sur un canapé, dans un carnet, longtemps, sans que personne ne vous demande rien)


















Saint-Ouen, à la médiathèque (cacher, retrouver un livre, oublier lequel)














Galeries Lafayette, décor inspiré d'Alice au pays des merveilles


















Palais Royal (compter les arcades)


















Montreuil, mur, jeu de piste (marcher, photographier, choisir, envoyer, cacher)

Dans les Oloé, désormais, écrire autre chose que les Oloé.

vendredi 27 novembre 2009

écrire les trois

(décors)

en même temps est quand même une expérience étrange

impression qu'on ne fout rien

qu'on travaille trop


que ça ne va nulle part
que tout communique













qu'à part prendre des photos...

est-ce qu'il y a de la matière ?

de quoi ça parle au juste ?









et qu'est-ce que c'est que ces personnages débarqués sans prévenir ?

(j'ai bien dit personnages)

samedi 7 novembre 2009

Paris, fantômes, immeubles plats

Je n'aurais pas cru qu'à écrire sur les décors, une fois de plus, Paris prendrait tant de place. Pourtant ça crevait les yeux : Décor Lafayette aux galeries du même nom, Décor Daguerre entre Montparnasse et Denfert-Rochereau ; enfin Dita Kepler accueillie au 104 puis à la Bellevilloise alors qu'elle pourrait déambuler ailleurs (et qui sait ?).

En fait, Paris ne tient pas de place. Paris peut se ranger dans une poche, se faire oublier. Mais tout le travail de recherches, de lectures pour le premier décor (Lafayette) m'y renvoie en ce moment : aux jours de Mercier, aux nuits de Restif (merci à Martine Sonnet de ses conseils) ; aux rues de Perec, en particulier celle de l'Atlas, où il est né ; aux immeubles plats de Roger Caillois, ces pièges à fantômes...

La projection de photos que je prépare pour le 21 novembre prochain (16 heures, dans le "sas" de la Bellevilloise) semble aller en sens opposé : des séries thématiques (assises, façades...) s'organisent, mais les photos viennent de partout, Paris s'y noie peut-être... On verra.

En attendant, et pour faire le lien avec le trajet de Fenêtres, cette évocation des barrières de Claude Nicolas Ledoux (penser, à Stalingrad, à la rotonde) par Michel Delon dans son introduction aux textes de Louis-Sébastien Mercier (Tableaux de Paris, Le Nouveau Paris) et Restif de la Bretonne (Les Nuits de Paris) réunis en un seul volume :

"Mélange d'archaïsme par le retour aux modèles grecs les plus anciens et de futurisme par le goût des formes géométriquement pures, les barrières de Ledoux apparaissent comme un compromis entre l'idéal ancien de fixer, de figer la ville et la volonté de donner sa dignité aux réalités économiques. Les ordres architecturaux les plus nobles ne sont plus réservés à la Religion et au Pouvoir royal, mais ce n'est pas un hasard si les premières émeutes révolutionnaires s'en prennent à ces bâtiments sur lesquels le XIXe et le XXe siècles continueront à s'acharner : la muraille est ressentie comme celle du fisc et de la police. Elle métaphorise de façon ostentatoire la volonté de l'administration centrale de surveiller la population et d'en diriger l'existence. Elle est la forme visible, tangible d'un contrôle policier qui, plus discrètement, investit toute la ville. Le lieutenant de police la quadrille de ses hommes ; des espions lui rendent compte des mouvements de l'opinion. Les commis de la Ferme veulent surprendre ce que les Parisiens consomment ; les mouchards - on les appelle alors des mouches - écoutent ce qu'ils disent de la police, à la taverne et au bordel, dans les théâtres et dans les jardins du Palais-Royal."

Paris le jour, Paris la nuit, Editions Robert Laffont, 1990.

La rotonde de Ledoux, place de la bataille de Stalingrad deviendra prochainement un restaurant chic (très chic). Quant au Palais-Royal au XVIIIe siècle : suite au prochain épisode...

lundi 12 octobre 2009

résidence(s)

Espaces, lieux, sites, paysages, décors, halle, forum, club, vestiaire, loft, cour, fenêtre, mur, écran, scène, bureau, résidence... Ces petits mots de rien, pour reprendre l'expression de Rezvani, me reviennent en boucle depuis le début du mois "à cause" de la visite guidée de la Bellevilloise que je vais proposer samedi prochain, de 16 heures à 17 heures 30 (la première demi-heure étant consacrée à la présentation de la résidence). Il ne s'agira pas d'une visite se fondant uniquement sur l'histoire des lieux mais d'une déambulation avec lectures de textes liés à la notion de décor.




C'est une idée que j'ai volée, j'avoue, à la paysagiste Sophie Barbaux qui a organisé plusieurs visites de ce type au 104 et dans le jardin d'Eole cette année. Une façon de regarder ce qui nous entoure un peu autrement, durant une heure... Si cela vous intéresse, je mettrai les détails (adresse, accès) en ligne dans la semaine. C'est gratuit et l'entrée est libre, bien sûr. Vous pouvez également m'envoyer un mail, si vous préférez (voir mon adresse ci-contre).

(à propos du 104 : il fête sa première année en ce moment et, pour l'occasion, fait paraître un petit recueil à couverture rose qu'on peut trouver dans la halle Curial. Le 104 m'avait demandé un court texte sur le sujet - un an : je le mettrai bientôt en ligne avec des photos, sûrement...)


Enfin, ce mot de résidence revient une fois encore cette semaine, chez Mélico qui va m'accueillir pour six mois sur son site à partir de jeudi, à ma plus grande joie. Il s'agira, une fois par mois, de proposer un texte et des photos sur ces lieux où lire (et/ou) où écrire. A suivre !