l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres

mardi 1 septembre 2009

Cowboys and co

Parler des Cowboy Junkies chez Saint-Simon, ce sera possible ce dimanche dans les jardins du château de la Ferté-Vidame, près de Chartres : l'association qui s'occupe de la fête des livres m'a en effet invitée (grâce à quelqu'un qui, s'il lit ces lignes, s'y reconnaîtra) et je l'en remercie.

Qu'il soit question de mémoire dans ce livre, c'est certain, même si l'on peut se demander pourquoi à première vue... J'en profite pour annoncer ici, à demi-mots encore, la parution en 2010 de Franck, manuscrit lié à Cowboy Junkies/The Trinity Session, déjà mentionné sur ce blog à plusieurs reprises. Un livre très important pour moi, commencé il y a quatre ans, terminé l'an dernier, dans lequel je vais me replonger ce mois-ci lors une dernière (?) relecture avant de poursuivre les "décors". C'est de ce texte, construit par lieux, que j'avais lu quelques passages au 104 lors du festival Paris en toutes lettres puis, à la fin de ma résidence, lors de la rencontre avec Martine Sonnet (présente à la Ferté ce dimanche également), Pierre Ménard, Sereine Berlottier et Sébastien Rongier. On peut en trouver un extrait ici, consacré à la gare du Nord.

Par ailleurs, comme je le disais un peu plus tôt, surprise et heureuse ce matin de découvrir les derniers mots de Centre du monde (un texte consacré aux bibliothèques, paru sur remue.net il y a quelques années) sur le blog de Loran Bart, dont j'aime suivre les tentatives d'épuisement du musée Balzac de Saché sur facebook...

retour

avec quelques nouvelles et projets dont parler ici très bientôt. En attendant, découverte d'un nouveau blog de Loran Bart, Les Lignes du monde (merci pour la citation...) et d'un article très instructif de François Bon sur Internet et la rémunération des auteurs.

Quinze jours sans connexion ou quasi ont fait du bien, aussi... Et sur cette plage à cailloux et coucher de soleil, j'y serais bien restée (à quand les droits d'auteurs qui permettent d'acheter une bicoque à la mer, hein ?)

vendredi 14 août 2009

rue Daguerre

Taper rue daguerre et découvrir des plasticiennes, des amateurs de vin, de fantômes, de balais, de façades, de magasins, de maison à murs roses, de traces de plaques et de littérature.

jeudi 13 août 2009

Fenêtres d'Essaouira









































Souks et cafés d'Essaouira, Maroc, par mon amie Valérie à qui l'on doit déjà les fenêtres de Florence.

mardi 11 août 2009

sa demeure, son trou, son enveloppe

Quasimodo était donc carillonneur de Notre-Dame.

Avec le temps, il s'était formé je ne sais quel lien intime qui unissait le sonneur à l'église. Séparé à jamais du monde par la double fatalité de sa naissance inconnue et de sa nature difforme, emprisonné dès l'enfance dans ce double cercle infranchissable, le pauvre malheureux s'était accoutumé à ne rien voir dans ce monde au delà des religieuses murailles qui l'avaient recueilli à leur ombre. Notre-Dame avait été successivement pour lui, selon qu'il grandissait et se développait, l'oeuf, le nid, la maison, la patrie, l'univers.

Et il est sûr qu'il y avait une sorte d'harmonie mystérieuse et préexistante entre cette créature et cet édifice. Lorsque, tout petit encore, il se traînait tortueusement et par soubresauts sous les ténèbres de ses voûtes, il semblait, avec sa face humaine et sa membrure bestiale, le reptile naturel de cette dalle humide et sombre sur laquelle l'ombre des chapiteaux romans projetait tant de formes bizarres.

Plus tard, la première fois qu'il s'accrocha machinalement à la corde des tours, et qu'il s'y pendit, et qu'il mit la cloche en branle, cela fit à Claude, son père adoptif, l'effet d'un enfant dont la langue se délie et qui commence à parler.

C'est ainsi que peu à peu, se développant toujours dans le sens de la cathédrale, y vivant, y dormant, n'en sortant presque jamais, en subissant à toute heure la pression mystérieuse, il arriva à lui ressembler, à s'y incruster, pour ainsi dire, à en faire partie intégrante. Ses angles saillants s'emboîtaient, qu'on nous passe cette figure, aux angles rentrants de l'édifice, et il en semblait, non seulement l'habitant, mais encore le contenu naturel. On pourrait presque dire qu'il en avait pris la forme, comme le colimaçon prend la forme de sa coquille. C'était sa demeure, son trou, son enveloppe. Il y avait entre la vieille église et lui une sympathie instinctive si profonde, tant d'affinités magnétiques, tant d'affinités matérielles, qu'il y adhérait en quelque sorte comme la tortue à son écaille. La rugueuse cathédrale était sa carapace.

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris

lundi 3 août 2009

octobre-janvier

Finalement, ma résidence à la Bellevilloise aura lieu d'octobre 2009 à janvier 2010. A partir d'aujourd'hui, je vais donc tenter d'écrire les trois "décors" en même temps, on verra bien ce que ça donne...

A bientôt.

jeudi 30 juillet 2009

The Misfits : filmer le décor

Arthur Miller (auteur du scénario du film de John Huston, The Misfits), répondant aux questions de Serge Toubiana :


"Mon seul accrochage avec John sur sa façon de filmer était dû au fait que je trouvais qu'il filmait les acteurs de trop près, et que l'on ne ressentait pas sufisamment que ces personnages vivaient sur la lune, on perdait trop souvent cette atmosphère. Il aurait fallu davantage de plans d'ensemble, pour rappeler constamment à quel point ces personnages sont isolés, aussi bien physiquement que moralement. Mais John n'était pas d'accord, il disait qu'on ne pouvait pas seulement filmer le décor. De mon côté, je pensais qu'il aurait fallu davantage de plans larges des personnages perdus dans ce paysage. C'est ainsi que je voyais le film. Et je crois que de toute façon on ressent ce sentiment de désolation. "

"Encore aujourd'hui, je me demande si le film aurait pu être différent si John l'avait mis en scène d'une autre manière. Je crois que dans le film, il n'y a que deux ou trois plans larges. Les plans sur les chevaux sauvages, ou les plans pris d'avion. A cette époque Pyramid Lake était complètement désert. Aujourd'hui c'est un vrai foutoir, avec pleins d'hôtels et de boutiques de souvenirs... A cette époque c'était encore une réserve indienne, on avait l'impression que l'endroit était resté intact depuis l'origine du monde. "

The Misfits, Chronique d'un tournage par les photographes de Magnum, Arthur Miller et Serge Toubiana, Les Cahiers du cinéma, 1999, pp 10 et 32.
(sur la photo : John Huston)