l'horloge de la gare de Chartres

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mercredi 17 novembre 2010

Est-ce que ça s'appelle un bureau ?

une écharpe rouge ; un appareil-photo ; un sac de la librairie des Buveurs d'encre contenant un manuscrit, un marque-page de la bibliothèque et une facture sous enveloppe, à envoyer, ne manque que le timbre, elle a failli passer à la poubelle, tiens ; Sébastien de Jean-Pierre Spilmont ; Bestiaire domestique de Thierry Beinstingel ; Ma mère à boire et Feu de Régine Vandamme ; un exemplaire de Franck qui n'est pas celui, déjà un peu abîmé, dont je me sers lors des lectures ; un câble énigmatique ; un torchon propre et froissé ; un sèche-cheveux ; un emballage vide d'ampoules électriques 60W haute consommation ; le Télérama de la semaine en cours (pas ouvert) ; un vieux Télérama avec Keith Richards en couverture ; CosmoZ de Claro ; la relance de la facture précédemment citée ; un second appareil-photo ; un exemplaire de Fenêtres ; une lettre non ouverte de France Telecom ; Libération du 8 octobre ; un Télérama avec Javier Bardem en couverture ; un collier ; Jean Genet, menteur sublime de Tahar Ben Jelloun ; le programme des dédicaces de la librairie Longtemps ; deux chéquiers ; une prise avec adaptateur pour la batterie de l'appareil-photo (le premier) ; un relevé de compte datant de février ; une lettre d'employeur ; une pince à épiler ; Libération du 16 et 17 octobre ; Le Maine libre du 16 octobre, rapporté du salon du livre du Mans, titré "Marina : les parents sur les lieux du drame" (pas lu) ; le programme et le supplément Ouest-France consacré à ce même salon ; un marque-page donné par mon voisin de dédicaces, résumant son roman ; le programme de "Mon expo en vitrine" 2010 ; une lettre personnelle ; le feutre noir indélébile que je cherchais l'autre jour ; deux post-it ; un manuscrit ; une housse noire ; une autre lettre de rappel ; une publicité de la salle Pleyel ; une invitation à un vernissage au château de Saint-Ouen ; plusieurs dépliants de la Cité des sciences ; un flyer pour un "broc dej" ; deux enveloppes vides ; le programme de la Ferme du Buisson du mois d'octobre ; un flyer de la bibliothèque Robert Desnos à Montreuil ; un billet d'entrée pour la soirée de Fred Griot du mardi 28 septembre à Pantin ; une carte de réduction de la SNCF ; un dépliant pour le festival America de Vincennes ; un ticket d'entrée pour le zoo de Berlin ; un ticket d'entrée pour les jardins de Chaumont-sur-Loire ; un ticket de métro parisien ; la carte d'un hôtel à Chamberet ; un ticket de métro allemand ; un tout petit carnet bleu ciel ; la dernière page du début de Au 103 bis lu à la librairie Texture la semaine dernière ; une lettre avec facture non ouverte ; une barrette ; un appareil-photo jetable ; une règle décorée de chromos publicitaires du chocolat Poulain (vers 1900) achetée au musée Jules Verne d'Amiens ; un autre chéquier ; un marque-page de la Bellevilloise, faisant ma pub, du temps de ma résidence ; une agrafeuse ; un flyer pour les éditions Asphalte noir ; un bracelet ; un petit livre de recettes de thés ; un casque anti-bruit acheté dans un magasin d'aviation ; une compilation Rock en Seine ; une invitation à une conférence de presse ; un billet pour un concert-lecture de Serge Teyssot-Gay à Saint-Ouen ; un flyer pour la réédition de Nathalie Granger de Marguerite Duras ; un ticket d'entrée pour monter à la tour du guet de Pérouges ; une carte postale représentant une rivière ; un petit mot ; un sac de la librairie Longtemps ; un catalogue ; Berlin, l'éternel faubourg de Matthias Zschokke ; le guide du musée de la communication de Berlin ; cinq autres marque-page ; un ticket de caisse de Monsieur Bricolage ; une publicité pour prendre des cours de tennis ; une liste de fournitures ; une feuille ayant servi à se repérer dans les fichiers son de la ville haute ; un programme de cinéma ; un plan de Paris ; trois gélules de Dafalgan ; deux stylos-bille ; un élastique ; une seconde lettre personnelle ; un feutre noir ; une sorcière ; une pile de livres et DVD comprenant les titres (je renonce à écrire le nom des auteurs, sinon elle s'écroulera) : Ecrivains en séries ; Agnès Varda : le cinéma et au-delà ; Bruits et sons dans notre histoire ; Le Palais-Royal ; Le Détail : pour une histoire rapprochée de la peinture ; Journal ; L'Espace vide ; L'Art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation ; "53 jours" ; Fellini ; Cap au pire ; Mille milliards de milieux ; Apprendre à photographier en numérique ; Les Aventures du baron de Munchahausen (que je dois rendre depuis longtemps à quelqu'un qui passera peut-être par ici) ; Fellini ; L'Antarctique). La pile comprend également plusieurs carnets et une chemise dans laquelle sont regroupées des pages imprimées de Dita Kepler ; une enveloppe sur laquelle sont notées quelques informations à propos de la lecture de Fenêtres que je ferai en compagnie de Jean-Marc Montera le 21 janvier à Montreuil ; la liste des journalistes qui ont reçu un exemplaire de Franck (voilà pour la pile de droite, passons à celle de gauche) ; le carnet rouge dans lequel j'ai pris des notes au 104 pour Au 103 bis ; une brochure intitulée "Ecritures contemporaines / Publics du secondaire" ; une lettre de la mairie du XIXe arrondissement ; encore deux enveloppes vides ; En vue, magazine des bibliothécaires de la ville de Paris, novembre-décembre 2010 ; des feuilles imprimées annonçant un festival à venir ; des feuilles imprimées permettant de suivre un parcours artistique autour du canal de l'Ourcq ; mon exemplaire un peu abîmé de Franck ; des histoires pour enfants écrites à la main ; la Gazette du 19e ; un acte de naissance ; une carte de réduction ; Basilic, gazette de l'association des amis de l'Amourier ; une invitation à une fête d'anniversaire ; Libération du jeudi 16 septembre ; quelques petites feuilles carrées et agrafées, données par un libraire de la librairie Dialogues à Brest pour que je prenne des notes ; une lettre de la banque ; un papier sur lequel est écrit "réservé" ; le magazine d'Air France dans lequel je veux garder un plan des Galeries Lafayette ; une carte d'activité d'un centre de loisirs ; un marque-page au dos duquel j'ai pris des notes pour Décor Lafayette ; Le journal de Mickey ; une carte de pub pour "SNCF direct" ; un cahier rouge qui me servait de journal jusqu'à ce que j'entame le journal de publication de Franck ; des recettes de cuisine ; un sac plastique du magasin de musique Woodbrass ; deux dessins qui représentent mon prénom ; un mot d'Yves Jolivet me souhaitant bonne chance pour la parution de Franck ; une enveloppe contenant le DVD d'un documentaire sur des prisonnières (Les Résidentes, d'Hélène Trigueros), accompagné d'une petite lettre ; un devis ; une plaquette de présentation de In situ, artistes en résidence dans les collèges ; le Magazine des aéroports de Paris ; une grande enveloppe vide, en kraft ; deux ordonnances ; une facture ; une lettre personnelle ; un programme du théâtre du Châtelet ; un compte-rendu de réunion ; Causette ; le programme de la rentrée littéraire des éditions Belfond ; les épreuves de Franck ; une enveloppe vide ; Entre ciel et terre, les toits de Paris (livre de photographies acheté aux puces de Saint-Ouen) ; Istanbul, Guide Gallimard, collection "Ecrivains voyageurs" ; un dépliant d'agence immobilière ; une lettre que je n'aurais pas dû garder ; une carte de voeux du 104 ; un dépliant de la Scène du balcon pour une rencontre avec Latife Tekin ; un cahier de notes pour un projet de livre ; un "journal de travail" ; un texte écrit lors d'un atelier de Pierre Ménard ; deux versions successives de Franck ; un livre sur Moscou écrit en russe ; mon premier journal de publication de Franck ; un grand cahier contenant, entre autres, des cartes postales et des extraits de journaux ; une pochette avec des textes que je n'ai pas envie de relire ; hors piles : un petit robot qui se remonte ; un livre sur les cheminées de Roubaix ; deux carnets achetés à Béthune ; les livres que j'ai achetés en gare quand j'allais voir Franck en prison ; un plan de Paris ; deux petits lexiques d'architecture ; un carnet ; Les Villes invisibles d'Italo Calvino ; la cassette de The Trinity Session, deuxième album des Cowboy Junkies ; un brin de faux buis ramassé dans le jardin de la villa Arpel au 104 ; des cartes postales ; une paire de lunettes dans son étui ; deux plumiers ; deux petits flacons contenant du sable ; des CD ; des coupures de journaux ; des cassettes audio ; et encore un nombre assez grand de carnets et de livres que cette fois je renonce à détailler, il est tard et ça suffit bien.

Une photographie est-elle nécessaire ?
Je l'ai prise avant de ranger (noter / ranger /noter /jeter). J'ai noté par strates : les dernières (versions de Franck, etc) sont les plus anciennes.

Quelques instants plus tard, à la demande générale de deux de mes camarades sur Twitter, voici la preuve de ce que j'avance :





















(sur le web, certainement pas, mais sinon, Philippe de Jonckheere a un peu de concurrence !)

vendredi 18 juillet 2008

Cowboy Junkies, The Trinity Session













Voilà donc à quoi va ressembler la couverture de mon livre, à paraître le 24 septembre prochain dans la collection Solo. A failli être grise, vert anis, orange clair... J'avais demandé s'il était possible d'obtenir une sorte de rouge brique, mais c'était déjà pris.
Le Mot et le reste a par ailleurs mis en ligne une présentation de mon livre ici. Les extraits retenus ne sont pas forcément représentatifs du texte dans son ensemble mais je comprends pourquoi ils les ont choisis : s'inscrire tout de suite dans une époque (1989), planter le décor...
Album culte que j'avais, ai toujours, en cassette. C'est précisément cette cassette qui se trouve reproduite ici, scannée et transformée.

Quant à la pochette du disque, la voici :












et pour le plaisir, à nouveau :


Découvrez Cowboy Junkies!



Découvrez Cowboy Junkies!


jeudi 3 juillet 2008

ça s'approche



















scanné ma cassette des Cowboy Junkies à la librairie, pour le livre à paraître en septembre : bizarre comme elle lui appartient, désormais...

mercredi 30 avril 2008

1. Verlaine et Rimbaud chantés par Ferré









Le premier livre de cette liste n'est donc pas un livre, ni même un disque, mais une cassette. Mes parents ont eu Léo Ferré pour point commun et, lorsque ma mère et moi avons emménagé à Château-Rouge, dans une seule pièce, j'ai forcément entendu ce qu'elle passait en boucle dans son radio-cassettes. J'étais en maternelle, je ne savais pas lire. C'est donc sans les voir jamais écrits que j'ai découvert les poèmes de Rimbaud et Verlaine, mis en musique par Ferré. A cinq ans, je connaissais Les Poètes de sept ans quasiment par coeur et me sentais en phase avec cet enfant dont il était question, pourtant plus grand que moi (un vieux, quoi). Ma mère me disait qu'Arthur Rimbaud avait écrit toute son oeuvre à quinze ans et je ne partageais pas une seconde son admiration pour cette prétendue maturité : quand j'aurai quinze ans, je saurai sûrement écrire comme ce vieillard, me disais-je, sans pour autant le claironner (je devais bien sentir que cette phrase pourrait un jour se retourner contre moi). Les poèmes de Rimbaud me terrorisaient, surtout Les Assis (Puis ils ont une main invisible qui tue (...) Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir : allez dormir tranquille, après !), que j'adorais. Et il y avait la bible à la tranche vert chou du poète de sept ans, qui exerçait une double fascination : celle de la feuille de chou servant, à mon avis, de couverture (je l'imaginais très bosselée et grumeleuse, me demandais s'il finissait par la manger - et qu'est-ce que ça pouvait être que cette tranche ? une tranche de quoi ?) ; et aussi, qu'il soit question de la Bible, un livre assez diabolique sans doute, interdit à coup sûr (j'étais élevée par une athée farouche, il n'était pas question d'avoir la Bible à la maison).
Ca m'a saoulée comme on ne peut pas l'imaginer d'apprendre ensuite que tout Français normalement constitué se mettait à aimer Rimbaud à quinze ans et se lançait dans la rédaction de poèmes qu'il allait renier par la suite (ce qui lui conserverait néanmoins une aura romantique auprès des filles - car c'était les garçons qui écrivaient les poèmes, bien sûr). En première, pour le bac de français, nous avons étudié Rimbaud en cours, et les cours n'étaient pas très bons : je n'ai plus rien voulu savoir de lui, n'ai pas non plus écrit de poèmes. Mais La Chanson de la plus haute tour est inscrite, réinscrite en moi, le sera jusqu'au bout.

Puisqu'on me piquait Rimbaud, je me suis alors tournée vers mon autre vieux camarade : Verlaine, dont Ferré m'avait permis de découvrir Il patinait merveilleusement, Mon rêve familier ou Ô triste triste était mon âme (que je confondais tous les deux). Je me suis gavée de Verlaine à dix-huit ans, quand j'ai vécu seule la première fois, et n'ai repris Rimbaud que bien plus tard, et pas sans méfiance.

Dans mon tableau de lectures, en gros : une veine Rimbaud pour les abîmes, les chocs, les textes qui ont les yeux cerclés de bagues vertes ; une veine Verlaine pour les délicatesses, les nuances, les wagons roses avec des coussins bleus où l'on se cherche des poux (c'est ce que j'en avais déduit).

Quant à Ferré, il faut bien avouer qu'à part ce disque-là...