l'horloge de la gare de Chartres

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vendredi 12 juin 2009

noms de rues noms d'écrivains

Tant qu'à participer à Paris en toutes lettres, autant participer vraiment, m'étais-je dit en surfant sur le site de la mairie. J'avais donc répondu à l'appel demandant aux lecteurs de désigner des écrivains (un français, un étranger) "méritant une rue ou un lieu à leur nom dans Paris". Résultat des courses : Romain Gary et Oscar Wilde ont gagné. Je n'ai rien contre eux mais... des femmes, c'est pour quand ? Ca ne manquerait pas un peu, sur les plaques, des noms de femmes, dans nos rues ? Mes propositions : Violette Leduc et Virginia Woolf (Janet Frame, je me doutais que les chances étaient minces).
A ce propos, Nathalie Sarraute a-t-elle une rue à elle ? A Paris, pas la moindre. A Brest, oui (proposition votée le même jour que la rue Agatha Christie, comme on le voit dans le document). Plus fort, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, près de Rennes, un programme immobilier situé rue Nathalie Sarraute a pris le nom d'Isma. Ca change des noms de fleurs, toujours...
(par ailleurs si quelqu'un a envie de m'envoyer la photo d'une fenêtre, ou autre, prise dans une rue Violette Leduc ou Nathalie Sarraute, qu'il n'hésite pas, bien sûr)

vendredi 12 décembre 2008

Vampire way












"En renversant la tête il voit toute la façade qui, au-dessus, est en briques brunâtres. Elle s'élève vers le ciel blanc, percée régulièrement de fenêtres carrées sans balcons ni encadrement et dont la grandeur apparente et les intervalles décroissent progressivement, leur succession dessinant des lignes de fuite convergentes interrompues à la hauteur du vingtième étage et que l'œil prolonge vers leur point de rencontre dans le vide éblouissant et décoloré. Pris d'un léger vertige il abaisse la tête, son regard parcourant maintenant de haut en bas la façade brune puis grise."


Claude Simon, Les Corps conducteurs (Editions de Minuit, 1971, p. 13)

J'avoue : j'ai volé cet extrait, dont la proximité avec ce que je tente de faire est pour moi évidente, à Lignes de fuite, comme j'avais subtilisé il y a peu le lecteur idéal de Virginia Woolf à remue.net.

Et que Sébastien Rongier s'estime heureux si je ne lui pique pas toutes ses brisures du cadastre dans les semaines à venir !








(il est beau son tout nouveau site, non ?)

(Quant à la fenêtre aux persiennes que l'on voit en ce moment en tête de ce blog, elle appartient bien entendu à ...)

dimanche 7 décembre 2008

crossroads/5








Dans ce qui semble autour la descente générale, hiver rude catastrophes annoncées, on s'accroche, et plutôt envie de dire merde qu'autre chose à la crise à venir : c'est mon luxe. Ensuite... Des trois fils tressés - Fenêtres, 'til I'm dead, Franck - je n'avais ces dernières semaines (le crossroads/4 remonte à octobre) pas beaucoup envie de parler ici, et des nouveaux projets moins encore. Alors, gardons pour l'instant la tresse à trois fils.

Des trois, j'ai eu depuis des échos de lecteurs. Plus précisément de ces gens qu'on découvre à peine mais avec lesquels le langage est d'emblée commun. C'est foudroyant parfois, je n'en reviens pas. Merci, donc : vous êtes vraiment d'un grand soutien. Si j'ai piqué à remue.net le texte de Virginia Woolf, ce n'est pas pour rien, je m'en rends compte maintenant.

Bon. Un qui pour l'instant ne fait pas partie du lot c'est celui qui m'a répondu pour Franck (le seul, du reste), bien que sa lettre (manuscrite) ait été tout ce qu'il y a de plus précise dans le résumé de mon projet, de mieux élevée, circonstanciée, voire même encourageante. Mais on ne s'est pas compris, c'est comme ça (et puis commencer une lettre par "Cher Anne Savelli", aïe, quand même... A propos de Virginia Woolf je relis Une chambre à soi, tiens, ça ne doit pas être un hasard non plus).












Comme je l'ai déjà dit ici, il y aura un petit extrait de Franck dans la revue d'ici là le 21 décembre, et si je ne me défile pas je devrais en lire des passages croisés avec le livre sur les Cowboy Junkies un vendredi soir de janvier à la librairie Pensées classées. C'est-à-dire que je ne me défilerai pas pour la lecture des CJ (je compte bien profiter de l'invitation de François Morice) mais je ne sais pas encore si j'aurais le courage d'affronter à voix haute ce truc-là. Wait and see...
Et puis ?

Pour Noël, Sébastien m'a fait le cadeau de remettre mon livre en vitrine (librairie Longtemps), dans le coin réservé à la musique.




(avis aux mécènes inconnus : peuvent m'offrir sans problème le gros livre rose du dessus! )






S'il y en a un qui me soutient, c'est bien lui, et pourtant ce que j'écris ne correspond pas vraiment à ce qu'il lit le plus, au départ. Les CJ sont également aux Buveurs d'encre, toujours : pas de jaloux !
Autre cadeau de saison (je sais, je me répète) : la sortie en DVD d'Au fil du temps (ENFIN). Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas encore couru l'acheter.












A part ça pas de résidence longue au 104, donc, mais possibilité d'une résidence courte (non payée of course). Fait une autre demande ailleurs, aussi, on verra.

vendredi 5 décembre 2008

Merci à remue.net

d'avoir pris pour phrase du jour le texte qui suit (et que je n'hésite pas à copier coller honteusement) :

…il reste qu’en tant que lecteurs, nous avons nos responsabilités, et même notre importance. Les normes que nous érigeons et les jugements que nous formons partent dans les airs et se diffusent dans l’atmosphère que respirent les écrivains quand ils travaillent. Une influence se crée qui s’exerce sur eux, même si aucun texte imprimé n’en rend compte. Et cette influence, si elle est avisée, énergique, personnelle et sincère, peut prendre beaucoup de valeur à une époque où la critique ne peut plus s’exercer normalement, où les livres sont passés en revue comme un cortège d’animaux dans un stand de tir, où le critique n’a qu’une seconde pour charger son arme, viser et tirer, et où l’on peut bien l’excuser s’il prend des lapins pour des tigres, des aigles pour des volailles de basse-cour, ou s’il manque complètement sa cible et laisse son coup se perdre sur une vache qui broutait paisiblement dans un champ voisin. Si, derrière la fusillade fantasque de la presse, l’auteur sentait qu’il existe une autre sorte de critique, l’opinion de gens qui lisent par amour de la lecture, lentement et pour le plaisir, et font preuve dans leur jugement d’une grande compréhension mais aussi d’une grande sévérité, cela ne pourrait-il pas améliorer la qualité de son travail ? Et si grâce à nous les livres pouvaient devenir plus forts, plus riches et plus variés, cela vaudrait le coup d’atteindre pareil but.

Virginia Woolf, conférence prononcée le 30 janvier 1926 à Heyes Court dans le Kent, publiée une première fois dans la Yale Review en octobre 1926, traduite de l’anglais par Céline Candiard dans Comment lire un livre ?, éditions de L’Arche, 2008.