Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

mercredi 24 février 2016

De la ville au Loing #10

Aujourd'hui, c'était recherche d'oloé à Moret-sur-Loing (déambulation, atelier) avec tablette pour photographier et écrire.




Ici, au printemps, la pelouse est couverte de pétales roses.




 

Là, chez les Amis de Moret, sont stockés des costumes, des déguisements paraît-il. Ensuite, en chemin, allant vers le Loing, on trouve quelques indications, automobiles souvent mais pas toujours

















































jusqu'à cette belle maison que personne n'avait encore remarquée.
















Ensuite, par une venelle, nous nous sommes rapprochés de l'eau.











 

 

 











Il ne s'est mis à pleuvoir qu'une fois retournés écrire à la bibliothèque. Ce fut un peu court, une ébauche de texte je crois, mais la balade avec prise de photos avait donné des idées à tout le monde.

Il pleuvait au retour, sur les champs, la forêt, la banlieue. A 18h, la gare de Lyon a avalé les voyageurs dans un impressionnant flot contraire. Dans le métro, me restaient en tête l'oloé à pétales roses, l'oloé à venelle, la verrière où rêver d'écrire. Il y a maintenant les textes des participants à découvrir, envoyés par mail. La ville, il paraît qu'on l'appelle la belle endormie.

samedi 20 février 2016

De la ville au Loing #9

Aller chercher quelque chose dans ces images prises au fil des semaines.


























 
Un peu de ce que nous avons entendu, un peu de ce que nous avons rencontré, cru voir, imaginé, espéré, transformé sans doute.







Aimé, voulu, laissé poser, négligé, pas su peut-être.

Il reste encore jusqu'à fin mars pour comprendre ce que nous avons voulu faire dans la région de Moret-sur-Loing - pour le comprendre nous-mêmes, je veux dire. Ce que je sais, de mon côté, c'est que la nouvelle vidéo de Mathilde Roux fonctionne à merveille avec ce que j'ai tenté de mon côté, journal d'un personnage qui écrit dans un train, enfin peut-être, et se sent à la fois et ici et là-bas.

(ouvrez en grand, c'est mieux) 


C'est pourquoi j'ose la poster, l'articuler ici, Mathilde : comme pour esquisser un début de croisement.

mercredi 17 février 2016

De la ville au Loing #8

Moret lundi, Montigny mardi et soudain















la forêt par la vitre de la voiture à midi alors que nous étions venus en train. Réunion terminée, tout le monde parti, le seul restaurant pile fermé ce jour et nous voilà remontant vers la gare à réaliser qu'il n'y aurait pas de transilien avant 14h. Soudain Sabine, la bibliothécaire de Montigny nous croise, nous emporte, nous dépose à Fontainebleau (beau temps sec et froid, déjeuner, marche dans la ville).
Grand merci Sabine.

La veille, à Moret, personne non plus sur la route du collège Alfred Sisley.


C'est une résidence d'hiver dans des villes où les habitants demeurent invisibles : comment les rencontrer ailleurs que dans leurs oloés, collèges, lycées, bibliothèques ?
















Voilà, peut-être, une trace de leur présence ?
Oui, aucun doute, les collégiens de Sisley étaient là et bien là et en matière d'oloé nous ont fait découvrir des forêts qui portent une adresse, un cimetière où lire des contes devant la tombe du grand-père, un jeu vidéo où passer du lit au plateau, un arbre où grimper, lire, écrire...



Au retour, le ciel, les façades devenaient capots, pare-brise, pare-chocs, rétroviseurs, inversant le courant des branches.

samedi 6 février 2016

une semaine à l'hôtel



















Il y aura donc eu, dans la ville du Blanc, une chambre d'hôtel pour m'accueillir du dimanche au vendredi, une chambre sur rue dont la fenêtre donnait sur la boutique d'un opticien et la porte sur le couloir menant de la réception à la salle du petit déjeuner. 
Bruits de circulation jusqu'à 21 heures, peut-être, reprenant tôt. 
Rares pas au-dessus de la tête.
Longues discussions, parfois, du patron dans le couloir. 
Un seule apparition du chien de la patronne, qui ne vit que par et pour elle.

Une chambre deux étoiles avec lit à couette blanche, énigmatique chauffage, énigmatique lampe au-dessus du lit commandée tout spécialement au fabricant pour ne pas, chaque fois qu'on l'allume, abîmer le papier peint par frottement d'un cordon. Conçue, donc, pour cacher son interrupteur de façon si habile que les clients la croient cassée, ce qui oblige au patron à renouveler sans cesse ses explications (il explique aussi le chauffage. Je crois que ça lui plaît). 















Une chambre avec wifi obtenu grâce à l'obtention de deux tickets simultanés à la réception (Un par appareil. "Vous avez combien d'appareils ? Euh, trois, mais deux ça ira très bien") pour une durée de cinq jours. Le sixième jour, ça fonctionnait encore, j'ai pu terminer sur Facebook la petite extension au Journal du Blanc appelée #viedelhôtel que je copie ici, agrémentée de commentaires en italiques : 

Lundi. L'enseigne rouge en forme de lunettes de l'opticien clignote (vue de la fenêtre). Ça s'agite dans le couloir (entendu par la porte). Après six heures d'atelier au lycée du Blanc sur le fait divers, je voulais écrire la vie d'une semaine à l'hôtel, développer un peu sur mon blog mais pff, la voilà ici en trois lignes...
(demain, peut-être ?)

(voeu pieu)

22h. Parfois plus aucune voiture ne passe. Nous devons être deux clients. Que faire de ces moments de pur silence ? J'essaye de comprendre le fonctionnement du chauffage (mode jour, mode nuit, reste froid : parce qu'il ne fait pas froid ?)


Mardi. 21h. Le patron fait la conversation dans le couloir. Le temps de l'écrire on entend des pas qui s'éloignent. Le chauffage fonctionne (le patron a montré comment s'en servir après avoir vu traîner une couverture sur le lit). Discret pique-nique dans la chambre. Y a-t-il un autre client dans l'hôtel ? Un bruit d'eau incite à penser que oui, finalement. Dehors, Le Blanc la nuit : raréfaction de la circulation.

(seconde journée d'ateliers, donc : après avoir fait intervenir hier des personnages secondaires, censés éclairer le passé d'un père qui a enlevé son enfant et l'a séquestré pendant trois ans, d'une mère qui n'a mystérieusement pas porté plainte avant plusieurs mois, avec les élèves nous sommes entrés dans l'appartement où l'enfant a été retrouvé)

 













Mercredi. 8h. Unique cliente au petit-déjeuner. Hier, soir il est tombé des cordes : conversation avec le patron, qui part ce matin et s'inquiète du moment où faire la chambre. Bah, ne pas la faire, telle est ma réponse. Mercredi : c'est jour off pour tout le monde.

17h. Du bar du théâtre qui jouxte l'hôtel du même nom (pas de théâtre, une télé qui diffuse des courses de chevaux, une photo géante du Café des amateurs, à Barbès, au mur) (téléphone : Nord 23-92) j'écris à Maria, ma lectrice slovaque.

(entre temps j'ai fait un tour dans la ville haute. Cf mon article précédent)

18h. Sortant de la maison de la presse (achat de timbres pour la Slovaquie), laquelle m'apprend comme toujours les potins qui comptent (Renaud rajeunit grâce à la chirurgie esthétique), je découvre au bout de la rue un camion de pompiers qui clignote. Le bout de la rue, c'est celui de mon carré-rectangle : logis du gardien / cinéma / palais de justice / Institut de beauté qui fait aussi hôtellerie. J'avise le gendarme qui barre la route : fuite de gaz à Secrets de Brenne ! (J'aurais dû dormir là, au départ). Le gendarme n'est pas affolé du tout. Je repars poster ma carte pour Maria.

(diable, n'a-t-on pas frôlé le fait divers : si j'avais préféré Secrets de Brenne à l'hôtel, ne serais-je pas morte asphyxiée ?)

20h. Drame : le restaurant thaï est fermé. Pique-nique en chambre, suite (car le restaurant thaï est le seul restaurant)

(on le voit : le drame, comme la vérité, est ailleurs)



















Jeudi. 8h. Avant-dernier petit-déjeuner à l'hôtel. Dans la salle, au petit comptoir derrière lequel se trouvent les théières et tout le reste, deux femmes (des amies, pas des clientes) discutent avec la serveuse, parfois tout bas. Pour que je n'écoute pas ? On voit ici que je n'ai rien suivi, rien noté, rien retenu.

(juré)

16h28. Dans l'hôtel déserté (souvenez-vous, le patron est parti), munie de ma tasse personnelle et d'un sachet de thé, je pars en quête d'eau chaude. Objectif suivant : récupérer un nouveau code wifi, le mien arrivant bientôt à expiration - le patron, dimanche soir, a appuyé sur une sorte de machine enregistreuse qui a craché un ticket, lequel n'est valable que cinq jours (Rappel : il y a deux jours, j'ai détraqué le chauffage).

16h38. Humiliée par la bouilloire découverte derrière le comptoir de la salle du petit déjeuner, laquelle refuse de bouillir quoi que ce soit.

16h44. Un grincement à l'étage du dessous. Je ne suis donc pas le seul être vivant de cet immeuble.

17h19. Tout s'arrange. Des voix dans le couloir. La bouilloire est effectivement en panne, je n'ai rien cassé. Code wifi ok. Ce journal de la vie de l'hôtel pourra donc se conclure comme prévu demain matin.

23h10. Télé : Gillian Anderson dans The Fall. Dernière nuit à l'hôtel. Demain, l'atelier débute une heure plus tard que d'habitude. Aujourd'hui, on a commencé à toucher au coeur du fait divers - et je me demande : est-ce bien raisonnable de regarder The Fall à cette heure ? (un serial killer jeune papa, etc.)

(rentrée à Paris, je réalise que cet épisode, devant lequel je me suis endormie, est le premier de la deuxième saison de la série, que j'attendais de voir depuis des mois)

   

















Vendredi. 8h33. Bye bye l'hôtel. Pour avoir la suite du feuilleton, il faut m'inviter, maintenant ! (Lectures, conférences, projections, ateliers, que sais-je... raconter des histoires horrifiques aux lycéens, faire des photos de la ville, tout ça... N'hésitez pas)

(et en effet, n'hésitez pas : je cherche vraiment à renouveler l'expérience. Découvrir des lieux nouveaux, se sentir bien accueillie et comprise, c'est déjà très beau. Ici, au Blanc, c'est de compagnonnage qu'il s'agit maintenant, puisque je reviens régulièrement. J'ai eu la grande joie de retrouver des élèves que j'avais déjà eus en atelier, de travailler avec les mêmes enseignants. Arriver, poser ses valises, parler de son travail ou de celui des autres, lire, faire écrire, c'est bien. Mais revenir, tisser des liens, partager des souvenirs... Une confiance réciproque naît, je crois, qui nous porte, nous fait avancer. Grand merci à tous, donc, et j'espère à bientôt)

mercredi 3 février 2016

Retourner dans la ville haute

Une semaine d'ateliers d'écriture au lycée du Blanc six heures par jour sur le thème du fait divers, c'est intense. Je voulais écrire un peu longuement ici, n'en aurai pas le temps. Aussi, je poste seulement quelques photos prises ce matin, mercredi de pause, en montant à la ville haute - la mienne a disparu, j'aime visiter les autres.


D'abord, de l'hôtel du Théâtre traverser la place (c'est jour de marché), se rendre jusqu'à la Creuse et passer le pont.
Pendant que je marche je me souviens : sur la place, ah oui c'est vrai, le charcutier traiteur est mort, sa boutique est restée fermée. Le café du Centre n'est pas plus ouvert mais c'est parce qu'il est en travaux : terminées, les banquettes vertes dans lesquelles s'enfoncer en demandant le code du wifi ? Sûrement. Il faudra revenir pour connaître la suite. Le store du coiffeur, lui, cache toujours au revers la mention poissonnier
Près du pont, long défilé de camions au bord de la Creuse, j'avais oublié. Grimper ville haute, c'est d'abord s'en éloigner.






























  (là où entraîne l'impasse du Paradis)

Ensuite, quand on descend, à condition de bifurquer un peu sur la droite, d'emprunter quelques marches, on tombe sur ce mystère :


En bas, retour à la Creuse, aux camions, au pont, à la place du marché. Devant la vitrine d'un marchand de chaussures, je découvre à côté d'une paire de charentaises des chaussons de camouflage que je n'ose pas photographier mais qui me fascinent.


J'aurais aimé raconter la vie à l''hôtel pendant une semaine, le fais en trois lignes sur Facebook ; proposer un article, aussi, sur ces ateliers qui se passent si bien. Peut-être plus tard ? 
Ces quelques photos, disons que c'est un épisode du Journal du Blanc, lequel en est resté à sa forme première, sur blog, n'a pas vu le jour autrement alors que je l'avais augmenté. D'une certaine façon, dans ce billet, c'est encore un peu d'écriture invisible qu'il s'agit.