Gary Winogrand, 1954

Gary Winogrand, 1954

mardi 26 février 2013

Journal de la chambre verte #1 (écrire au centre Cerise)



















Durant mon séjour au centre Cerise, j'ai décidé de tenir une sorte de journal, qui paraîtra à la fois ici et sur le site remue.net, lequel accueille les travaux des auteurs en résidence Ile de France
Ici, on trouvera le texte ; là-bas, une lecture audio sous forme de fichier son. Ici, une photographie ; là-bas, une photo aussi, différente mais prise au même endroit, quelque part dans le quartier des Halles, à Paris.
Pour cette première fois, je suis partie d'éléments que ceux qui me lisent ou viennent sur ces pages connaîtront déjà, sans doute, au moins en partie : façon de se présenter, là-bas, à Cerise...

*

donc tu travailles sur les lieux, dans les lieux
vous écrivez sur la rue le terrain le quartier les façades les grilles le paysage les murs les cheminées les visages le sol les fils et les ponts les palissades les marches et les portes vitrées
c'est bien ça ?
et dans les lieux mêmes, ah directement dans les lieux ?
oui, souvent, mais je ne voudrais pas me laisser enfermer

donc tu as écrit dans le métro oui dans le train oui en bibliothèque oui dans une loge d’artiste oui en sous-sol oui suspendue dans le vide
presque
dans mon lit surtout

et vous vous êtes rendue dans les grands magasins dans Google Street view dans une maison de maître
dans les rues de Marseille Montreuil Epinay Tremblay Lille Berlin Roubaix Londres Nantes Boulogne
dans l'ancienne banque de France de la ville de Béthune
et dans la rue Daguerre
oui
et dans trois parloirs de prison 
aussi
mais ce n’était pas pour écrire

et pourquoi Paris parce que c’est tout proche et pourquoi ailleurs parce que ça me manque

dans la fuite ?
non
ou alors : pas sûr
ou disons plutôt : la fuite et le contraire
(se prendre le mur ?)
(ouverture et danse ?)
dans l'é-va-si-on ?
oh
dans le déplacement ?
oui

Le lieu c’est du temps que j’invente, il suffit de le renommer. Au centre Cerise, il s’appellera la chambre verte comme il y eut le magafiction, contraction de magasin et de vous savez quoi (magasin de livres, bien sûr). Chambre verte comme chambre d’échos, pièce chargée de ce qu’il y a autour, chantier des Halles, musée, bandes qui se croisent, ruelles et la fontaine des Innocents

panoramas et transactions, montées, descentes
souvenirs crus

Dans la pièce une horloge rouge
six chaises une table une étagère
veillent
me protègent de ce vide sans rapport avec la page blanche
m’éloignent du repli, de l’absence en un paradoxe apparent
(car ici c’est silence solitude rien ne passe même pas le téléphone)
sans rapport avec l’écran blanc c’est plutôt le trop-plein qui me perd
trop de signes tu comprends

je comprends je compte et je trie
je mélange et je recommence
les pistes et les cartes s'inversent
on abat son jeu on se penche pour voir le résultat produit
et comme toujours tu sais
je sais et je saisis
ma chance
le fruit de l'expérience est tout au fond du puits

malgré le chauffage électrique il fait froid dans la chambre verte
fini pour aujourd'hui
il est temps de partir peut-être

lundi 25 février 2013

être lue















Longtemps, j'ai écrit sans nécessairement chercher à être publiée, ni même être lue. Pourtant, je voulais être écrivain, l'ai toujours voulu : j'emploie ce mot en italiques parce que c'est celui de mon enfance, au masculin. Les modèles étaient masculins (faisaient exception, quand j'avais sept, huit ans : Colette, Simone de Beauvoir et Marguerite Yourcenar, la première académicienne). Dans mon esprit, un écrivain lisait, écrivait, publiait, était lu et recommençait. Il n'effectuait pas de lectures en public, n'animait pas d'ateliers, c'est à peine si on connaissait son visage (je n'avais pas la télé). Il écrivait au fond d'un jardin, dans une cabane sans téléphone (Roald Dahl) ou dans sa baignoire en croquant des pommes (Agatha Christie). Il fumait beaucoup (Jacques Prévert), mourait jeune (Camus, Vian) ou avait de la barbe (Victor Hugo). Il commençait tôt (Rimbaud), tirait sur les autres à coups de pistolet (Verlaine), voyageait ou racontait que (Cendrars). Les auteurs vivants, absence de télé aidant, je n'en entendais guère parler, si ce n'est Beauvoir, que j'ai même vue (cinq secondes, hissée à bout de bras, je crois, dans une manif).

Mais ça existait, écrivain. Jacques Prévert en vivait.
Et un écrivain, quand il était publié, était lu.
(cela, dans mon esprit, toujours)















Il n'est pas toujours évident de basculer du côté de la publication, de se décider à faire lire, de s'exposer. Cela m'a pris du temps : longtemps j'ai pensé fragments (que j'aurais mis sur blogs, quand j'avais 18-20 ans, si Internet avait existé) et non livres. Un jour, j'ai pensé livre (c'était Fenêtres), ce qui m'a poussé à envoyer mon texte en lecture. 
Cependant, j'ai pensé livre comme ceci : un livre, pour moi, est un ensemble de livres constitués de fragments. La structure qui soutient chaque livre, en assemble les fragments, est en réalité la structure d'ensemble, celle qui unit les livres, tous les livres - et je ne sais, bien sûr, combien il y en a, puisque je suis vivante, espère n'avoir pas terminé... 
Qu'on ne s'y trompe pas : tout cela me paraît sans rapport avec le mot oeuvre  : je continue, en effet, à penser l'écrit sous forme de fragments. Par contre, avec le mot site, on peut réfléchir... Je vais néanmoins continuer à employer le mot livre, comme je dis écrivain. Simplement, le sens (dans mon esprit, une fois de plus) s'est, depuis l'enfance, déplacé.
(et si ça ne va pas, il n'y aura qu'à inventer un mot)
(désolée pour les italiques)














Aujourd'hui, quand je suis invitée à parler ce que je fais, à transmettre, expliquer (parce qu'un écrivain table ronde, performance, atelier), il arrive que ce soit par des gens qui n'ont pas lu mes livres. Pas encore, pas à ce moment-là, disons. C'est normal : je ne suis pas connue, les piles s'entassent, je le sais, ça ne me vexe pas, le livre est au-dessus, un autre prend la place, il y a une urgence... et puis, comme je viens de le dire, j'écris des trucs sans nom, des objets fragments, ça peut dérouter). N'empêche : il arrive parfois que je me demande ce que je fais là.

Mais il y a aussi ces moments de grâce où paraissent en ligne les articles de ceux qui m'ont lue - et avec quelle finesse, quelle attention, quelle acuité... Ainsi, à propos de Décor Lafayette, ces derniers jours me sont parvenus :

les déambulations de Piero Cohen Hadria à partir d'une place que nous partageons, celle de la bataille de Stalingrad. Comme Gilda Fiermonte dans son billet consacré à la vie moderne, il mentionne Simone Signoret
la magistrale analyse de Christophe Grossi (tout y est, ou presque, c'est pourquoi je vous conseille de lire son billet après mon livre, peut-être)
le tout aussi beau texte de Christine Jeanney, qui ne cesse de me faire cogiter depuis

Qui pourrait être mieux lue, je vous le demande ?
(personnellement, je ne vois pas)

mercredi 20 février 2013

rue Daguerre



















appliquons-nous

lundi 18 février 2013

dimanche 17 février 2013

Décor Lafayette dans le Carnet d'or















c'était hier après-midi sur France Culture et peut s'écouter ici, désormais.
Merci à Augustin Trapenard de son accueil enthousiaste et chaleureux. Je ne sais trop où ce livre va m'entraîner, ni surtout s'il pourra vivre au-delà des trois mois réglementaires en librairie, mais je l'espère - Fenêtres open space poursuivant son chemin à Roubaix et les Oloé en Espagne me donnent envie de croire que si.

De mon côté, maintenant, je me promène plutôt rue Daguerre. A ce propos, si vous voulez voir tout Varda gratuitement, Daguerréotypes inclus, c'est possible en se rendant sur ce site - mais ça se termine aujourd'hui, faites vite !

vendredi 15 février 2013

Fenêtres de Roubaix

































































Je n'ai presque rien vu de Roubaix, si ce n'est le collège Anne Frank, tout neuf, en voiture le quartier autour, et déjà Lille d'où repartir en train (la place de la gare de Flandres, le matin, toujours un choc ; au retour Lille Europe, araignée noire aux quatre vents).
Pas vu grand chose mais reçu un très bel accueil (grand merci, en particulier, à Nadia Djerdem), et je me réjouis de revenir, en avril, mai prochains. Les élèves de troisième rencontrés hier auront lu Fenêtres, me feront alors, je l'espère, visiter la ville.














(je n'ai vu sur fond de neige que des briques rouges on ne peut plus variées, comme sont les pavés de Saint-Brieuc)

Au retour, à ce qui ce jour-là m'a fait plaisir et rire s'est ajoutée la lecture (une heure de TGV à peine) du Livre du bonheur de Nina Berberova, dont voici une fenêtre : 

(Vera, une petite fille, vient de faire la connaissance de Sam, enfant découvert inconscient dans un parc, auquel elle s'attache instantanément. Elle découvre qu'il s'agit de son voisin d'en face)

"La maison d'en face, pareille à un navire, a accosté au quai de Vera ; il semble que ce matin encore il y avait à sa place un terrain vague - elle a été bâtie en une heure, puis occupée par des gens, dont on a soudain appris tant de choses, et le garçon, venu d'un lointain inconnu, s'est révélé un simple voisin -, l'apprivoiser, le retenir, ce n'est pas possible. On va maintenant venir le chercher et l'emmener."

"(...) il ne restait de tout ce terrible et extraordinaire rapprochement qu'une seule chose : elle pouvait maintenant passer des heures à regarder une fenêtre de l'autre côté de cette large rue hivernale, qui elle aussi, depuis ce soir-là - tout comme cette ville, le monde -, était un peu devenue sa propriété."

dimanche 10 février 2013

Crossroads / 21















Je tiens cette rubrique, Crossroads, depuis assez longtemps. Sans que cela soit net elle est, disons, trimestrielle. A croire qu'une fois tous les trois mois ce que j'écris se croise tant qu'il me faut y voir plus clair : je débroussaille ici, alors, directement dans l'interface. Comment retrouver le fil, cette fois ? Par livres ? Par liens ? Par lieux ? Essayons peut-être les trois...

Ainsi, il y a Fenêtres (le livre), oui, une fois de plus. Je pars jeudi à Roubaix en parler à une classe de collège qui, ensuite, va l'étudier. Joie, bien sûr, de voir le texte continuer à vivre, et curiosité de savoir ce que des élèves de quatrième y verront. Pour s'y rendre, il faut s'arrêter à Lille : première fois que je suis invitée dans le Nord, ce n'est évidemment pas anodin. Je l'ai espéré et redouté, cette invitation, quand j'écrivais FranckJ'avais plus peur encore d'aller à Nantes. Pourtant, il y a trois jours, au Lieu Unique, jamais dans mon esprit ce livre ne fut présent. Enfin, pas vraiment. La ligne quasi droite hôtel-LU, LU-hôtel, a fait court-circuit.















Il y eut également une belle bifurcation, le vendredi matin, jusqu'au lac de Grand-Lieu : l'association L'Esprit du lieu va m'accueillir fin mai pour quinze jours, et me recevra à nouveau en novembre, avec publication à la clé (différente de Décor Daguerre). Je me suis entendue dire : d'accord, il y aura un livre mi-2014. Vertige d'une commande ferme, même si, dans le cas de Cowboy Junkies, il y avait également un texte à rendre, un thème, un nombre de pages...  Et grand grand plaisir de savoir que ce sera un livre papier avec photos, et déclinaison numérique. 
Première chose que je sais de l'année 2014, aussi, tandis que 2013 s'avance.















Comment continuer ? Nous en sommes déjà à tant de fils... Fenêtres est par exemple lié à un texte inachevé, Au 103 bis, trajet perpendiculaire auquel je ne pensais plus. Mais voici qu'une maison d'édition le découvre dans la revue d'ici là, demande à en éditer un extrait pour une anthologie (le thème : Paris et le désamour). Ce qu'elle veut publier, c'est un passage dans lequel je dis du mal, en apparence, de l'avenue de Flandre, du quartier Stalingrad. Or, il s'agit précisément d'une tentative de réconciliation avec le lieu, non d'une dénonciation, d'un dégoût (voyez comme c'est moche chez les pauvres), ce qu'on ne perçoit pas dans l'extrait. J'ai donné mon accord, sous réserve que le mot réconciliation soit présent. 

La place de la Bataille de Stalingrad est également présente dans Décor Lafayette, c'est même le point de départ du véritable trajet du livre. DL, donc, enfin sorti en librairie, et dont je vais aller parler à France Culture mardi (dans Le Carnet d'or, émission diffusée samedi, si j'ai bien suivi). Pas sûre d'être très brillante (en sous-régime en ce moment), ce qui n'est pas le cas de Claro, qui a mixé "ma" place avec celle de Butor, excusez du peu, parce qu'il nous lisait en même temps. Son texte est d'une justesse... Vraiment, merci à lui. Il avait d'ailleurs déjà mentionné mon livre une première fois, parmi les parutions de janvier : c'est ici
Merci également à la revue d'ici là et à Joachim Séné pour leurs présentations de DL - dans ce dernier cas, me voilà nantie de 2m20 potentiels, métamorphose inespérée !















Stalingrad, la rue Lafayette : on les retrouvera lors de la première soirée liée à ma résidence au centre Cerise, rue Mortorgueil, à Paris. Le 6 mars, en effet, à 20h30, nous ferons, Jean-Marc Montera et moi, une lecture musicale de Décor Lafayette. Il s'agit d'une lecture semblable à celle effectuée à Marseille en fin d'année dernière au théâtre Les Bancs publics. Attention : pour des raisons liées à l'acoustique de Cerise, elle aura lieu au théâtre Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, dans le 2e (métro Sentier).

Mais c'est bien à Cerise, par contre, au café Reflets, que la soirée suivante a été programmée, le 21 mars. Il s'agira d'un Pecha Kucha sur le thème du terrain de jeu (à écrire également, si l'on veut, sans le u), pour lequel j'ai invité (attention, en ordre ordre alphabétique et roulements de tambours) : Emmanuel Delabranche, Olivier Hodasava, Juliette Mezenc, Cécile Portier et Mathilde Roux. Pas question de faire autre chose ce soir-là que de venir les écouter ! 
A savoir : toutes ces informations liées à ma résidence sont également accessibles sur remue.net dans une rubrique dédiée, dont voici le lien.















Puisque les choses se croisent, il ne faudrait pas oublier de dire que c'est à Cerise, dans une salle verte (renommée chambre verte, comme il y eut le magafiction), que j'entame maintenant la rédaction de mon Décor Daguerre. Possible que le traversent le quartier des Halles, et encore Montreuil, Epinay, Tremblay, ces trois classes trois villes que je continue de rencontrer, même si ce n'est pas toujours simple. Je ne sais pas encore... 
Chambre verte en sous-sol, oloé de fin de semaine au calme tandis que les Halles s'agitent.















Enfin, à propos d'Oloé, ça y est, le texte est en train d'être traduit en espagnol par les éditions Le Bateau. Il paraîtra, sans les photos mais avec dessins, en version papier, en septembre ou octobre prochain. Le Bateau a traduit et réuni il y a peu, sous le titre Todo esta perdido, les textes d'auteurs qui me sont chers : Emmanuel Delabranche, Christophe Grossi, Christine Jeanney et Joachim Séné. Les deux premiers seront à Barcelone vendredi pour présenter leur travail : bon voyage, bon séjour à eux... Et puisque l'on évoque la traduction, j'ajoute que ce que je lis en ce moment, chaque jour, se nomme Le journal de bord des Vagues : quand Christine Jeanney s'attaque à Virginia Woolf, on peut en suivre l'écume, l'écho. Feuilleton qui me procure, vraiment, un très grand plaisir.

*
Photos : Lieu Unique Nantes, lac de Grand-Lieu, place Stalingrad, centre Cerise, centre Cerise, mer de Wimereux.
Pour trouver le site lié à chacun de mes livres, il suffit de cliquer sur les couvertures situées à droite.

jeudi 7 février 2013

près de Nantes, devant le lac












































on entend quelque chose comme : oui vous pouvez venir ; oui vous êtes bienvenue ; oui, de telle date à telle date ; oui, on comprend ce que c'est ; oui, on est bien d'accord (on s'inquiétait un peu nous voilà rassurés) 

oui les lieux les lectures les déambulations 
oui la publication oui des photos du texte et encore autre chose
on entend tout cela qui se dit juste après
à longer cinq minutes
le lac

lundi 4 février 2013

Trois ans après





















J'ai retrouvé hier des photos prises lorsque j'étais en résidence à la Bellevilloise, à penser aux décors, déjà, à arpenter les lieux, à grimper dans le 26 direction Pelleport.















Je me souviens que la première chose que j'ai faite, sous la pluie, fut de monter sur le toit (je ne parle pas de la terrasse). On y voyait un vieux théâtre devenu refuge à pigeons.















Je me souviens du vide, du si grand vide, et de mon bureau-loge suspendu au dessus.
Je me souviens de ce qui était là pour habiller, colorer, rassurer, décaler, et comment ça ne fonctionnait pas (chez moi qui y venais le jour et voyais sans plaisir, malgré ce que je croyais, le décor se planter).
Je me souviens de ce qui percutait, ondes, absences, silences, franchissait des pièces dont, au moment d'écrire, je ne sais plus les noms.
Je me souviens de la rue au calme et de l'envie de la quitter.
Je me souviens des politiques, des filles de joie, des électriciens, ou plutôt de leurs traces avant, après soirées : pupitres, chaises, plumes, câbles.
Tout cela est très très très loin.
Quelque chose s'est cassé.
Quelque chose s'est poursuivi.

Ce qui s'est cassé, là-bas, se poursuit. C'est une chose innommée. Elle est en rapport avec le sentiment d'arrachement, de rejet, l'entêtement, le désir de réinvention, perte et progrès mêlés en un mouvement semblable - certainement de lutte. Un lien inextricable entre rupture et avancée. 
Il y a aussi, à cet endroit précis, ce que de soi, trois ans plus tard, on ne reconnaît plus. Ce qui en soi, plus encore que dans les lieux mêmes, est devenu fantôme. 

samedi 2 février 2013

Nantes































La semaine prochaine (mercredi, plus exactement) je serai à Nantes, au Lieu Unique, pour parler écriture et numérique avec Yves Pagès et Guénaël Boutouillet. Il sera certainement question de la Ville haute et de Franck à un moment ou à un autre, je m'y attends, comme on attend ce qui arrive, là, devant soi, sera ou ne sera pas contourné. 
Certaines choses sont frontales, d'autres non. Frontal ce qu'on n'attendait pas, bien sûr. Frontal ce qu'on savait aussi, avait anticipé, est inévitable, prend une autre forme. 

Nantes n'est évidemment pas n'importe quelle ville.
Mais c'est aussi une ville où j'ai des amis (de la vie au présent).

C'est pourquoi j'illustre ce billet avec trois photos qui diront mieux que moi ce que je pourrais en dire. La première représente une fontaine devant laquelle Franck est certainement passé (mais je n'en sais rien). La deuxième montre le plafond des Galeries Lafayette de Nantes, lieu où j'imagine il n'a sans doute pas mis les pieds (mais je n'en sais rien). La troisième est un vrai décor : celui, reconstitué par Agnès Varda, de la boutique de téléviseurs de Michel Piccoli dans Une chambre en ville. Magasin éphémère, apparu dans le passage Pommeraye l'été dernier, disparu depuis. 
Une photo pour chaque livre, ou projet en cours, chaque texte délivrant de l'autre - et tous liés, cependant.

Ainsi, il me semble, je réponds par avance aux questions posées par Guénaël mercredi prochain à propos de mes usages du numérique, de ce qu'ils changent ou ne changent pas, sur les statuts de [mes] textes et [mon] regard dessus, sur l'ouverture de l'atelier aux autres (ces derniers mots sont de lui, je les ai empruntés).