arbre de l'île (ronde)

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mardi 31 juillet 2012

Décor Lafayette #47















Repère : une manifestation, durant la période des soldes, lors de laquelle les employés du grand magasin ont réclamé des augmentations de salaire. Filmé par la télévision, la police et eux-mêmes, le cortège (bientôt dispersé) est vu dans le second extrait par le directeur à travers la baie vitrée de son bureau, situé en hauteur.

Devant cette même entrée, plus tôt ou plus tard peu importe, la police en civil, en tenue, en armure, flash-ball et camescope tournés vers la foule, arrête un manifestant. Plaqué à terre, tee-shirt relevé, ventre frotté au sol, il est maintenu par plusieurs (le pied qui appuie sur sa jambe, on ne voit que ça) avant d'être relevé, pressé, serré contre les portes du grand magasin qui se passerait sans doute de cette publicité. Sifflets, hurlements d'une femme, paroles calmes d'un qui ne supporte pas la façon dont l'homme est traité et le dit, tout est enregistré, entre dans le cadre. Le ton monte, la foule insulte. Tout le monde semble avoir peur, policiers et manifestants, tout le monde filme en même temps, légion de téléphones portables, vidéos qui se multiplient sans que personne ne sache ce que l'on voit au juste.

(...) 



En bas, c'est du studio, les figurants se dispersent : ce qui au JT deviendra groupe de perturbateurs retourne à sa vocation de foule, amovible et irraisonnée. Vue du dernier étage, elle se mue en écran sur lequel projeter des scènes, des schémas, des lignes : on y invente l'avenir, y sécurise le monde, y segmente la clientèle. Employés et touristes, mendiants et chefs d'état sont orientés, guidés.

*

Note : ce passage ne fera sans doute pas partie du livre. J'ai décidé de tuer le directeur du grand magasin pour des raisons de fluidité, de cohérence avec le reste du texte. L'inscrire ici, c'est tout de même faire apparaître cette manifestation filmée de toutes parts à laquelle je tenais : plaisir du blog et de sa liberté... 

Mois d'août, dernière phase de travail : comme on le devine peut-être, je suis en train d'ajouter ou de supprimer quelques éléments avant de rendre une bonne fois pour toutes le texte à mon éditeur. D'où cette apparition des coupes et la mention, parfois, de mes hésitations. Ces billets Décor Lafayette, souvent liés au travail hors ligne, m'accompagnent, me servent de points d'appui. Dans l'idéal, j'aimerais qu'ils soient également le reflet d'un cheminement, d'une déambulation, dans le texte à venir comme dans le grand magasin.

dimanche 29 juillet 2012

Décor Lafayette #46



















Attendre de vendre ses bras, ses cuisses, ses cheveux.

mercredi 25 juillet 2012

En remontant le canal Saint-Denis, suite















C'est ne pas aller loin, y aller tout de même.






































































surprise des détails, détours































parfois, par lassitude, par désir de mieux s'en souvenir




























laisser les matières et les formes à l'oeuvre
















sans images

dimanche 22 juillet 2012

En remontant le canal Saint-Denis

Un projet de déambulation littéraire (qui ne s'est pas concrétisé) pour la Fabrique A Rêves m'avait donné envie d'y aller voir, une exposition de mon amie Sophie Barbaux aussi. Mais c'est la danse d'un homme et d'une pelleteuse














sur le parvis du RER














qui fut hier le point de départ de la balade.















































































canal Saint-Denis, temps : parfait, lumière : idéale, variété des paysages : grande








































bien sûr il y a davantage








































pêcheurs, grillades, groupes d'hommes qui discutent (très peu de femmes sur le parcours)


campements roms, voiture de police embusquée pas loin



ceux que de la rocade on entraperçoit, qu'on devine sans penser le canal si proche














































tout ce qui ne se photographie pas








































émerveille étonne
(et second billet à venir, peut-être)

Décor Lafayette #45















repère : le quartier Louis Blanc


(...) la marée déferlante, brusque montée des eaux vers les bâtiments des deux gares, contenues dans ce ciel trop bleu

jeudi 19 juillet 2012

Décor Lafayette #44



















Repère : l'enfant oublié au rayon fast food


Où est sa mère ? Cachée sous un foulard, au fond d'une manche, prestidigitatrice de génie. Il ne s'inquiète pas, abonné aux disparitions. Parfois elle perd dix ans et ses cheveux s'allongent : comment la décrire au vigile, aussi ?  

mardi 17 juillet 2012

Crossroads/18

J'attendais, pour mettre à jour cette rubrique qui fait le point sur les projets en cours, de pouvoir annoncer la bonne nouvelle. Enfin, voici : Décor Lafayette paraîtra en janvier prochain aux éditions Inculte, sous le label Fiction (c'en est). Consacré aux grands magasins, faisant apparaître des personnages réels et imaginaires,  dont quatre géantes, jouant sur différentes strates de temps (le XVIIIe siècle, 1964, l'époque contemporaine...), DL est vraiment un livre complètement barré, selon mon éditeur : vous voilà prévenus !














En attendant, je continue ici d'en poster des extraits, avec photographies (ci-dessus, la cage d'escalier des Galeries, sur laquelle je me suis longuement penchée) et prépare la lecture prévue en novembre à Marseille  avec Jean-Marc Montera. Dans l'idéal, en janvier, j'aimerais également en proposer une version numérique, différente de la version papier. On verra...














A propos de Marseille, Pierre Ménard et moi venons de terminer notre voyage virtuel, Laisse venir, dont quelques extraits sont disponibles ici, ici là et . Nous devrions également présenter ce texte à Marseille cet automne. J'y reviendrai dès que je saurai sous quelle forme et où il sera disponible. 
Ce que je peux dire, déjà, c'est que nos trajets, nés d'une même contrainte, sont très différents l'un de l'autre, ce dont je me réjouis.  














Une fois les corrections de Décor Lafayette bouclées, je reprendrai le texte entamé lors de ma résidence à la villa Marelle, Anamarseilles, variation pour Dita Kepler, texte court et, disons, plus proche de la poésie que de la prose. Dans l'idéal, il faudrait avoir terminé avant septembre, époque où je me remettrai à Décor Daguerre (le Décor II) (le III étant Dita Kepler) (et le I Décor Lafayette, bien sûr) (ce qui ne s'écrit pas nécessairement dans l'ordre) (hum, est-ce clair ?). Cela devrait m'occuper quelques mois (j'en parle ici depuis 2009, il serait temps !) 

(ci-dessus, deux oloé de la Friche)














A propos d'oloé, autre bonne nouvelle : mon livre, édité l'an dernier par D-Fiction, devrait paraître avant la fin de l'année en espagnol (d'où cette chaise dans le ciel prise à Barcelone), en version imprimée. Donde leer, donde escribir : comment dire oloé en espagnol ?  
(J'ai l'air de trouver ça naturel ? Ne pas s'y fier : si je ne me retenais pas, il y aurait trois points d'exclamation à la fin de toutes mes phrases, dans ce post !)


















Enfin, qui dit anthologie dira, en août ou en septembre, Pas d'ici, pas d'ailleurs, recueil préfacé par Déborah Heissler (avec laquelle j'ai vase-communiqué ce mois-ci) paraissant aux éditions Voix d'encre, en partenariat avec la revue Terres de femmes. J'avais proposé, il y a longtemps déjà, deux poèmes à Sabine Huynh, Angèle Paoli, Andrée Lacelle et Aurélie Tournière. Je suis vraiment touchée qu'elles les aient acceptés : l'un a été écrit à l'époque de Franck (je devais avoir, alors, dans les 22 ans), l'autre quelques années après. 














(Gens de Lille et Béthune, s'intitule le premier) 
(ici, une chaise de Béthune, prise au Lab-Labanque, photo qui se trouve dans les Oloé)

Quant à Franck : tant bien que mal, Dans la ville haute continue d'avancer. Si je peux, je mettrai à jour la partie journal cet été (voeu pieu). Par ailleurs, Thierry Beinstingel et moi avons toujours dans l'idée de reprendre notre lecture croisée de Autour de Franck














Et avec tout ça, j'ai oublié de parler de Saint-Brieuc, où je devrais me retrouver en septembre et octobre prochains.
Ecrire en marche, toujours...

dimanche 15 juillet 2012

Décor Lafayette #43
















Au coeur de Paris, ici et ailleurs : ruelles, venelles, expropriations, spéculations, fraudes, élargissement versus entassement, destructions, crevasses, fondations, percées, brusque augmentation des taxes et loyers, apporter l'hygiène et la perspective, discours du baron les monstres s'enfuient les forains aussi ouvriers avec.  

*

notes : 
passage qui pour l'instant ne se trouve plus dans le texte
le rythme des billets (prévus pour parvenir à cent en janvier prochain), ralentira probablement au mois d'août

vendredi 13 juillet 2012

Fenêtres de (la gare de) Saint-Brieuc











































Juste le temps d'un aller-retour, heureuses rencontres et réunions, la ville sous la verticale des pluies (fine, dense, fine), n'en avoir rien vu ou presque, mais la promesse d'y retourner et peut-être d'y retrouver ce parapluie perdu, rouge et noir, assez ridicule il faut dire avec son inscription publicitaire (so sexy qu'on l'appelle) (ce qui donne la phrase incompréhensible, mais claironnée : J'ai perdu so sexy à Saint-Brieuc !), offert l'an dernier, un soir d'orage, par un serveur de restaurant compatissant dans la rue La Fayette et qui se trouve, depuis, caché dans le décor.



























Moche, abîmé, évoqué sans l'être dans une phrase dont je me demande si je vais la garder (Décor Lafayette en phase de corrections tout l'été) mais présent dans cette hésitation. 















(on me dira sans doute : parapluie perdu alors qu'il pleuvait = phrase qui saute)














Moche, source continuelle de moqueries, pour cette raison même attachant, puisqu'il faut l'assumer : un cadeau, quoi !














Mais peut-être était-ce déjà vivre comme ceux de Saint-Brieuc, sans parapluie ?