Lyon / Street view

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mardi 28 février 2012

Décor Lafayette #26















repère : tout et son contraire


Postulat de la rue La Fayette, l'une des plus bruyantes, des moins accueillantes de Paris : nous sommes tous aimés. Dans ce tracé-là, rue pont gare rue, tous ceux qui traversent, valsent, perdent, hésitent, vont chercher le désir où il se refuse sont aimés. 

jeudi 23 février 2012

M. (à nouveau)

J'ai dit : non, je ne dirai rien de ce qui me lie à la ville de M.

Il ne faut dévoiler ni les portes d'accès ni les lieux qu'on s'invente ni la peur de s'y perdre ni les aller retour dans le temps et l'espace ni ce qu'on en espère façades détournées trottoirs pris à rebours comme dans le ciel paroles échangées silences et musiques qui nous accompagnaient
comme dans le ciel une ville fluide
les chantiers les travaux les graphes les ruelles
labyrinthe inversé jeu de piste et bascule
dans la marche la course dans l'immobilité
non ne pas discourir
surtout
comme dans le ciel une ville fluide sous mes yeux surgissait qui n'avait rien à voir avec la ville de M.

Il ne faudra pas dire ce qui par l'écriture modifierait la ville
ni le corps ni l'esprit envahis par la boucle
boucle de l'écriture qui à mesure avance et efface les traces et condense les pas
et nous donne parfois l'air vague de qui regarde en ayant modifié la trajectoire et l'angle
de qui passe la rue
a parlé à ses morts
et ne sait plus sa place

à la place il faudrait pouvoir dire les joies

mais si c'étaient les mêmes

joies fictives de ta vie de fiction où tu marches sans but n'a pas de comptes à rendre
il n'y a pas de frontière entre ce que tu inventes ce qui est devant toi utile et inutile vie et mort d'un même corps et c'est tout le vertige
c'est toute la question et c'est tout ce qu'on tait pour pouvoir avancer

je ne dirai jamais la ville réaliste
on ne me verra pas la boussole à la main
mais me laisserai guider par qui le voudra bien
quitte à m'y perdre mieux

une ville fluide qui n'avait rien à voir avec la ville de M mais nulle part ailleurs ne pourrait se trouver

*

Texte lu hier lors de la soirée de clôture de ma résidence, en réponse à une question ("Quels sont vos liens avec la ville de Montreuil ?") qui, sur l'instant, m'avait laissée muette.

lundi 20 février 2012

M.

















elle aura muté, se sera transformée, la ville de M.














durant le temps qu'on y aura pensé


















durant les premières minutes où l'on aura cru être ailleurs




























oui certainement

































pourtant
même si M. donne le change en vraie ville tangible
flux transports et travaux feux carrefours passages 
quelque chose hante
ne bouge pas

vendredi 17 février 2012

Je vous écris...

... de l'atelier de la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil, où je suis encore en résidence pour quelques jours et où aura lieu ma soirée de clôture mercredi prochain, comme annoncé hier.

Cette soirée est placée sous le signe du numérique. Sont invités des membres, auteurs ou éditeurs, de deux maisons d'édition qui se soucient au plus haut point de littérature et de création, D-Fiction et publie.net. 

Je vous écris, dans le silence de l'atelier, à propos de publie.net. Parce que les éditions Gallimard attaquent aujourd'hui leur fondateur, François Bon, "coupable" d'avoir proposé une nouvelle traduction du Vieil homme et la mer (voir ici l'article de Tiers Livre) dont il a vendu 22 exemplaires à ce jour. Parce que François Bon, qui n'en peut plus de ces mesquineries, envisage d'abandonner sa maison d'édition.

Publie.net m'aura permis de découvrir les oeuvres de trois de mes invités de mercredi : Pierre Ménard, Christophe Grossi et Joachim Séné.
Publie.net accueille la revue d'ici là.
Publie.net édite Christine Jeanney, que je lis presque tous les jours.
Publie.net a repris certains titres d'Inventaire/Invention qu'on ne trouvait plus nulle part.
Je lis en ce moment Le Ventre de Paris d'Emile Zola, que j'utilise en atelier d'écriture, grâce à sa collection "classiques".
Cela faisait une quinzaine d'années que j'attendais d'avoir accès à de nouveaux textes traduits de l'auteure turque Latife Tekin en français et devinez qui s'en est chargé ?
etc.

Quant à François Bon, j'ai dit et redit et redis encore à quel point son soutien a compté lorsque j'ai écrit Fenêtres. S'il y a bien quelqu'un qui se bat pour que la littérature continue à exister, à être vivante, c'est bien lui.
Une pétition de soutien est en ligne ici.

A mercredi.

jeudi 16 février 2012

soirée de clôture















J'y reviendrai très bientôt mais qu'on se le dise et le note : la soirée de clôture de ma résidence à Montreuil aura lieu le 22 février prochain à 19h (c'est-à-dire mercredi), dans la salle Boris Vian de la bibliothèque Robert Desnos.

Pour clore cette résidence, la bibliothèque a souhaité mettre en avant la part numérique du travail d'Anne Savelli et, plus largement, des auteurs qui aujourd'hui explorent les possibilités de cet outil : texte et photo, son et vidéo, édition numérique, réseaux sociaux.

est-il écrit. 

En effet, cette "mise en avant" me permettra, et j'en suis très heureuse, de recevoir quelques uns des auteurs et éditeurs dont je me sens particulièrement proche : Hélène Clemente, Juan Clemente, Christophe Grossi, Pierre Ménard et Joachim Séné. Christine Jeanney que j'avais également conviée à cette soirée et qui, à cause d'un changement de date à rallonge, n'a finalement pas pu se libérer, sera tout près de nous en pensées, je suis sûre (les miennes vont vers toi dès ce soir, Christine :).

(davantage de détails les jours prochains, c'est promis)

dimanche 12 février 2012

tempo lent

c'est une question d'élan, sans doute, élan qui se brise à un moment donné, moteur qu'il n'est pas simple, ensuite, de remettre en route, tout paraît lent, écrire c'est cela aussi, se demander s'il y a encore du sens à faire ce que l'on fait, s'il ne serait pas plus simple de gagner sa vie et basta, laisser les livres distraire, amuser, qu'ils ne soient plus que ça, tourner des pages, romanesque romance roman comme dans les librairies des gares, pour l'oubli je préfère le jeu cependant, jouer vide ma tête vide, battre des records, aligner les cartes et les lettres, répéter le geste, scruter sur l'horloge le temps perdu, des minutes, des heures qu'on aurait pu employer à écrire, à lire, à regarder dehors, la batterie se vide à son tour, changer d'appareil, la recharger, réussir à faire quelque chose d'utile, retomber dans cette hébétude, c'est simplement que tu n'écris pas, si c'était si simple (écrit combien de fois, le mot simple ?), si c'était si facile de déterminer ce qui manque, de dire ce qu'il faudrait, si tant de choses n'étaient pas tues

tout paraît lent, énergie désertée, il faut donner le change, pourtant
le ressort cassé on l'examine et rien

ce que nos livres disent à notre place il est rare que cela nous serve, on ignore que quelqu'un nous lit, il y a quelqu'un peut-être en ce moment-même qui nous lit et ? cela ne vient pas jusqu'à nous, quelqu'un nous lit peut-être dans une ville, un village où nous n'irons jamais, ah, l'idée réconforte tout à coup, il fait nuit, on imagine la lumière, le rideau, la route

remettre en route
si simple
non

il ne suffit pas de se dire qu'il faut tenir, qu'on n'a pas le choix, de s'exhorter, temps = courage et patience
non
heureusement il y a cette image simple d'une fenêtre éclairée de nuit

la voiture file droit devant des vies inconnues 
(le souvenir qu'on en a et que l'on garde en tête)
les bords s'écartent
le silence se fait

si je pouvais entrer chez toi j'y verrais quoi
si je pouvais entrer dans ta tête

et ce qui réconforte se dit :
passer de fenêtre en fenêtre est ma vie

samedi 11 février 2012

à ce moment-là



















traînant ma valise dans la neige jusqu'à la gare de Saint-Etienne
m'arrêtant devant cet escalier
j'ai pensé que j'étais libre
le note ici pour ne pas l'oublier

mardi 7 février 2012

en voyage, au retour








































































pas de voix, trop de voix
là pour parler, se taire, et parler à nouveau
et se taire au retour
et n'entendre plus rien
ce qu'on voit se résume à des formes géométriques