Décor Daguerre

Décor Daguerre

mercredi 30 septembre 2009

Fenêtre de la Bellevilloise / première, le retour










Voilà, c'est simple, ce que je vois de la fenêtre du bureau que j'occupe depuis aujourd'hui et pour quatre mois à la Bellevilloise.
Faut-il ajouter quelque chose ? Sur le chemin du retour, rue des Pyrénées, sensation de voler...


J'avais posté cet article jeudi, l'ai ensuite retiré pour que Paris Nord / Paris Montparnasse, le Calaméo ci-dessous, en attente dans les brouillons, puisse paraître en première position hier, jour des vases communiquants. Bref, le revoilà. J'y ajoute aujourd'hui (samedi) le désir et la peur de me remettre au travail, de reprendre enfin ces Décors entamés au 104, et les stratagèmes pour contourner cette peur de la paralysie : tout d'abord faire autre chose (regarder en détail les trois batailles de San Romano de Paolo Uccello, grâce à Palettes, par exemple) ; un peu plus tard entrer dans le vif du sujet en se documentant sur les grands magasins parisiens (Décors : I Décor Lafayette).







Et voilà que ça prend tout seul : à peine passée l'introduction aux Cathédrales du commerce, livre qui leur est consacré, s'invite le Camp des Tartares, passage construit au Palais Royal juste avant la Révolution, considéré comme leur ancêtre et qui, si l'on en croit le guide Morancé vendu partout dans le quartier, (3 euros, inchangé depuis 1960), éclairé par 40 lanternes à poulies (était) le lieu le plus mal famé du Palais Royal, peut-être parce qu'il était chauffé en hiver. L'auteur ajoute qu'on pouvait, entre autres, y voir s'exhiber Mademoiselle Lapierre, géante prussienne de 2,20.

Une bataille, l'hiver, une géante dans la même journée.

mardi 29 septembre 2009

nos gares

C'est le premier vendredi du mois, jour des Vases communiquants (ex-grand dérangement) et nous avons eu l'idée, avec Martine Sonnet, de proposer sur nos blogs le même document. Alors, quoi, qu'est-ce que c'est que ce travail, diront certains : c'est tout ? Pas d'échange de contenu cette fois ? Si. Mais l'échange a eu lieu quelques semaines plus tôt, le 28 juin exactement, lors d'une lecture au 104. A cette occasion, Martine et moi avons "croisé nos gares", Montparnasse pour elle, gare du Nord pour moi. C'est le fruit de ce croisement que nous vous proposons aujourd'hui, augmenté de quelques photos des lieux.

Les textes de "Paris Montparnasse" sont issus de Montparnasse monde, que l'on peut lire en feuilleton sur le blog L'employée aux écritures ou d'un seul tenant sur publie.net.
"Paris Nord", lui, provient d'extraits de Franck, récit à paraître l'an prochain. Franck est celui à qui j'écris dans Cowboy Junkies/The Trinity Session.

Gare du Nord et gare Montparnasse main dans la main, comme Martine le dit si bien...

vendredi 25 septembre 2009

Un an, 104, des vidéos

Le 104 fête sa première année d'existence. Après trois mois passés sans presque y retourner, et juste avant d'entamer ma résidence à la Bellevilloise, j'ai eu envie de retrouver le lieu en vidéo. Que peut-on en voir sur le net, hors reportages et interviews ?

Décembre 2007, une traversée du chantier avec mise en lumière, en dix minutes, par Graff vidéo :


Novembre 2008, une fusillade, par Kolors resisdance :


Février 2009, le comble du vide, par les étudiants des Arts décoratifs de Paris :


et en cherchant bien, les déviations marseillaises, chorégraphie de la compagnie de danse La Zouze dont j'ai déjà parlé ici, je crois :


Il manque à ma sélection le jardin, la librairie, la villa Arpel, la maison des petits, l'association des femmes de la rue Riquet qui propose un repas délicieux pour 5 euros le vendredi, le Cinq, les agents d'accueil, la maison en plastique dans laquelle on pouvait se réfugier l'hiver et qui n'existe plus depuis l'arrivée du café, une certaine chaise où lire et où écrire dont je reparlerai bientôt...

... et encore le vent d'hiver, le canal gelé, les travaux, les arbres fruitiers installés un temps dans la cour Curial, le ciel sous verrière, l'ouverture des portes, les couloirs roses, les longs rideaux noirs, les escaliers où il est écrit escaliers en de nombreuses langues, les pas qui résonnent, la sensation toujours plus grande de se sentir toujours plus petit quand on passe d'une halle à l'autre.

dimanche 20 septembre 2009

Au plus près




























Idée on ne peut plus simple : se rendre, en ces journées du patrimoine dans le bâtiment le plus près de chez soi.












J'habite à quelques mètres du siège du Parti communiste, situé place du Colonel Fabien à Paris.
Lorsqu'il ouvre ses portes, chaque année, on peut visiter l'intérieur de la coupole, la salle des délégations, le café (?) et la terrasse.
Evidemment, chacun se précipite au sixième étage pour voir ce qu'il ne voit pas d'habitude : tout Paris, le quartier, la rue d'en bas.



























avenues, antennes, cours intérieures, caméras, cheminées...






























































Puis au sous-sol, on découvre donc la salle des délégations, étrangement couverte de moquette verte


















et son mot d'amour, gravé du bout du doigt.

vendredi 18 septembre 2009

crossroads/9

Cela fait déjà un moment que je pense à cette rubrique, dans laquelle se croisent régulièrement les différents projets d'écriture qui m'occupent. En ce moment, tout est en gestation, tout commence ou se termine... enfin bref, essayons.

Comme je l'ai déjà dit ici, après les six mois passés au 104 entre janvier et juin, je vais donc, à partir d'octobre, passer quatre mois en résidence à la Bellevilloise afin de poursuivre mon projet de trois livres liés à la notion de décor. La Bellevilloise est située dans le XXe arrondissement, rue Boyer, en haut de la rue Ménilmontant, juste à côté de la Maroquinerie. Comme le 104, la Bellevilloise a une histoire très riche : c'est une ancienne coopérative ouvrière, reconvertie en lieu artistique. Pour en savoir davantage, il suffit d'ailleurs de s'y rendre demain, journée du patrimoine oblige : des spécialistes proposeront une visite historique des lieux de 11h à 19h.

(note du samedi : en fait non, je viens d'y passer. Pas de visite globale des lieux car tous ne sont pas accessibles aujourd'hui. Dans la halle aux oliviers, cependant, l'association d'histoire et d'archéologie du XXe arrondissement est effectivement présente et répond aux questions des visiteurs. Ce que l'on peut visiter : la halle et la terrasse).

En quatre mois, peu de chance que le programme que je me suis fixée soit bouclé, bien sûr. Néammoins j'ai décidé (contrairement à ce qui s'est passé au 104, où je me suis concentrée sur le troisième "décor", Dita Kepler) de tenter d'écrire les trois textes en même temps, ce qui était mon projet d'origine. Pourquoi ? En fait, je crois que c'est une question de liberté : ne pas se sentir coincée dans un seul lieu, ni sur un seul texte ; ne pas forcer la confrontation entre deux textes, placés en vis-à-vis. D'où l'idée d'en écrire trois. Est-ce que ça tiendra ? On verra bien. En ce qui concerne la Bellevilloise elle-même, le lieu est magnifique, espérons que l'accès n'en sera pas trop compliqué.

En attendant, ce qui m'occupe, surtout, ce sont les dernières corrections de Franck, texte dont j'ai déjà parlé ici à plusieurs reprises et qui paraîtra dans un an. Il n'y a plus beaucoup de travail à effectuer sur le manuscrit, en réalité, mais tout prend à mes yeux des proportions dantesques. Allez serrons les poings, les dents, et espérons terminer ça avant la fin du mois ! Ce fut une très grande joie, cet été, de voir ce manuscrit accepté, par quelqu'un qui semble particulièrement bien le comprendre, de plus.
Une fois le manuscrit rendu, Franck restera là, tout de même, pas très loin, durant cette année d'avant sa publication. J'ai en effet décidé de monter un site parallèle au livre, sur lequel on pourra écouter, au fur et à mesure, le texte lu. Pour l'instant je prends des photos, effectue des essais d'enregistrement, sans savoir encore exactement quelle forme le site adoptera. Avis de webmasters bienvenus !
Autres chemins d'écriture envisagés : des textes consacrés aux lieux "où lire où écrire" qui paraîtront bientôt en ligne (vers mi-octobre), j'en reparlerai. Et un blog à monter avec une amie de RESF.
(les fenêtres, l'une de terrasse, l'autre de façade, appartiennent à la Bellevilloise)

dimanche 13 septembre 2009

Verrière, fenêtres et portes en gare de Toulon












Toulon, août 2009, quai n°1, en attente de la correspondance. Un TGV stationne, empêche de bien voir les façades. On lève alors la tête. Au-dessus, une sorte de verrière qu'on croirait en papier mâché, sur laquelle un point noir



une mouche ? une chiure de mouche ? (énormes alors, et l'une et l'autre)







semble là depuis toujours. Enfin il bouge.







































On ne peut guère faire plus beau, sur ce quai (je ne parle pas des gens).









Ou alors, il faut considérer le TGV. Et à bien l'observer









trouve une porte sur vide.









Court alors la photographier (car bien sûr c'est le moment que choisit le train pour quitter la gare).

lundi 7 septembre 2009

Fenêtres de la Ferté-Vidame

Elles seront peu nombreuses, ces fenêtres, ayant eu bien davantage la tête à discuter avec Martine Sonnet (qui, les choses étant bien faites, était justement ma voisine de table lors des signatures), à écouter causer littérature et à rire qu'à faire des photos.








Voici tout de même le château en ruine qui jouxte celui de Saint-Simon, détruit à la Révolution avec assassinat des propriétaires (c'est ce qu'on m'a dit) et jamais reconstruit depuis. Je n'ai pas eu le courage d'avancer pour prendre en photo ces fenêtres à l'air libre, soutenues par des structures en forme de A. Et donc cadré n'importe comment. Il faut dire que l'herbe était tendre (tss), le ciel bleu et le café bon.




Ca se présentait comme ça : de grandes tentes et chapiteaux ou écouter des débats et se restaurer





et une librairie disposée dans plusieurs salles où nous étions je crois une soixantaine à dédicacer nos livres. Personnellement, j'ai évité la honte totale en signant d'entrée de jeu un Cowboy destiné à quelqu'un qui aime la musique et que je salue s'il passe un jour par ici.

Dimanche d'été, belle campagne, train et voiture pris avec mes camarades et de nombreux randonneurs : la dolce vita, en somme, gracie mille...





Pour quelques précisions sur le voyage aller, voyez la version d'Hélène Clémente ; pour le déroulement de la journée en lui-même, celle de Pierre Cohen-Hadria...

samedi 5 septembre 2009

Fenêtres du Hilton de Montréal

(arrivant à l'hôtel, le narrateur s'aperçoit que la réception ne se trouve pas au premier étage, comme il le croyait, mais au dernier)

"Pourtant, comme ça aurait été facile de s'en rendre compte : ce couloir devant les ascenseurs allait jusqu'à une grande baie en surplomb sur la ville moderne, ses buildings. Fascinant paysage de centaines de fenêtres allumées, chacune avec son paysage miniature. Il existait donc des affaires pour autant de bureaux : et tout semblait exagérément net, découpé dans la nuit aux vives enseignes. Certains de ces buildings à l'arrière-plan devaient aussi servir d'habitations, en témoignait une plus grande diversité des rideaux. On regardait fasciné, et, les jours suivants, j'ai pu en voir bien d'autres venir comme j'avais fait se planter devant la baie, longtemps immobiles devant le gigantesque aquarium humain.
Ces bureaux aperçus, nets comme une miniature offerte. A un étage, juste en face, cela me revient avec précision, deux femmes de couleur faisaient le ménage, tirant un chariot vert. Et sur cette gigantesque tour ovale, un peu en arrière à gauche, certaines fenêtres avaient des reflets vraiment bleus, tandis que d'autres tiraient sur le vert ou l'orangé, tout cela sans arrangement ni explication ni loi sûre qu'on aurait pu définir, puisque certaines lumières disparaissaient, d'autres surgissaient. En bas, les rues comme un puits, mais larges à y passer six véhicules de front tirant très loin dans la ville leurs traînées orange.
A y repenser, donc, un tel panorama urbain ne pouvait être aperçu qu'à condition d'être perché bien au-delà du deuxième étage. Mais ma tête à moi ne pouvait pas faire ce raisonnement-là."

François Bon, L'Incendie du Hilton, page 43

A lire, à propos du livre : le dossier de François Bon sur Tiers livre (avec photos, dont une "vue du Hilton, nuit" assez saisissante), ce qu'en disent Claro et Martine Sonnet.
Parce que j'ai le sentiment que ce n'est pas le lieu, je n'ai jamais posté ici d'avis critique sur un livre, me contentant de citations liées à Paris ou aux fenêtres du monde entier. Mais on peut voir dans ma rubrique lus/vus/aimés que ceux de François Bon tiennent une bonne place dans ma bibliothèque...

(et encore, autres fenêtres du Québec de FB récemment installé : voir ici)

vendredi 4 septembre 2009

table rase

la phrase tournait dans ta tête, revenait s’imposer à ta conscience sans que tu n’y puisses rien, comme ces chansons qui te collent au cerveau, ces mélodies faciles pour quelques mots simples, loin de tout cela pourtant cette phrase, insistante à en tarauder, creuser couloirs, creuser galeries, tu l’avais lue il y a longtemps, tu l’espérais, qu’elle soit tienne tenait trop du vertige, non tu l’avais lue, certainement lue, un poème sans doute, mais le visage de cette femme qui chaque fois revient l’accompagner, toi qui rarement formes image pendant lecture, ce visage si clairement dessiné, et cette impression d’enfermement aussi, qui systématique s’y associe, cette grande maison vide, sa porte d’entrée à double battant, une lumière comme en Provence, si tu l’avais lue, si tu l’avais seulement lue, rien de toutes ces images sûrement, et pourtant, non, elle ne pouvait être tienne, trop lourde à porter, trop difficile à accepter, ce qu’elle recèle, ce qui là dit trop, non, si seulement la retrouver parmi tes notes de lecture, dans l’un de ces carnets peut-être, mais tant au fil des années, l’oublier, l’effacer de ta mémoire, ne plus l’entendre, je me dévêts à, pour toujours s’en débarrasser, table rase, je me dévêts à grands cris du, ne plus, ne plus, du diurne et du mouvant, non, sans

Michel Brosseau

(qui prend ma place comme je prends la sienne en ce premier vendredi du mois)

Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de grand dérangement appelé Les vases communiquants : chaque premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre. Programme qui se met en place aujourd'hui entre A chat perché et Fenêtres / Open Space.

mercredi 2 septembre 2009

Fenêtres d'Aix-en-Provence


Aix, août 2009.

Exposition Picasso/Cézanne et trombes d'eau soudaines.




















Je me souviens d'Aix-en-Provence, où j'ai vécu six mois durant l'enfance, chemin du Coton rouge. Je ne me souvenais pas qu'on pouvait y voir si facilement la montagne Sainte-Victoire.

Je me souviens de l'autoroute qu'il fallait longer, de la barre d'immeubles qui nous faisait face, d'une micheline qui roulait encore et du centre-ville où nous nous rendions rarement : fontaines à lions et dauphins, cours Mirabeau où les enfants pouvaient zigzaguer en liberté les soirs de beau temps (souvenir vague).





















Je ne me souviens pas du tout d'Hitchcock et Welles à ventre plat, soutenant les fenêtres du cinéma Le Mazarin.













Ni des trompe-l'oeil.










Ni du café Les Deux garçons, qui pourtant existe depuis 1792. Sur la carte on peut lire qu'y sont venus Cendrars, Cocteau, Sartre, Churchill, Picasso, Piaf et avant eux Zola, Cézanne, puis des contemporains un poil moins prestigieux (Tino Rossi...). "Les Deux garçons" parce qu'en 1830, deux garçons de café se sont associés pour le racheter.













Le monde est en terrasse. Nous voilà seuls en salle devant les reflets et dorures.