Ile ronde, déchirure / tempête

Ile ronde, déchirure / tempête
couverture de Mathilde Roux

mardi 30 septembre 2008

Entrez dans la chambre 315


quelque part en France, dans la maison d'un autre, et lisez ce texte dont voici un extrait :

"Je ne fais pas l’exercice d’imaginer quels gens là pour y vivre. Dans le fait qu’on remarque, qu’on photographie, qu’on mémorise, une très ambiguë projection : oui, soi-même sans doute qu’on vivrait là. Oui, sans doute, si on s’arrête sur celle-ci et pas sa voisine, c’est pour quelque affinité, qui nous renseigne sur nous-mêmes.

Ce n’est pas alors forcément la meilleure part de nous-mêmes qui surgit : mais elle inclut souvent des secrets : on reçoit du réel ces lieux transitionnels, pour venir s’y décrypter soi-même."

Bernard Guégan-Briaud, Chambre 315

Boulevard Barbès

Années 70, y passer à cinq ans parce qu'on habite Château Rouge et qu'il faut prendre la 2, plus pratique que la 4 pour se rendre on ne sait plus où. L'automne, l'hiver, y acheter à l'angle des marrons dans leur cornet de journal (brûlent les doigts, les salissent, c'est bon). L'été, repérer en marchant la musique pop d'une horlogerie bijouterie. Au retour, bifurquer sur la gauche, monter des escaliers, apprendre à lire.

Ce matin, y passer à dix heures pour acheter un cadeau, un deck de Yo-Gi-Yo dans sa boite de métal. Pluie fine, grand magasin désert. Pousser au Virgin à côté et là, surprise, trois exemplaires du livre écrit l'hiver dernier sur la table "livres - arts - musique".

Quel fantôme de l'enfant de cinq ans sur le boulevard Barbès ce matin ?

lundi 29 septembre 2008

Cowboy Junkies, The Trinity Session : où trouver facilement le livre à Paris ?













Si vous empruntez l'avenue Mathurin Moreau, dans le 19e (à côté du siège du PC, métro Colonel Fabien), j'espère que vous ne raterez pas la belle vitrine que Sébastien de la librairie Longtemps a concoctée, à base de CJ et de Magic... Merci encore à lui, s'il passe sur ce blog.
Et sinon, où trouver le livre ailleurs à Paris ? Comme on commence à me poser la question j'ai demandé à mon éditeur. Voici donc la liste exacte des librairies qui l'ont commandé à ce jour :

Rive droite :

Librairie Delamain, 155 rue Saint-Honoré (1er) (info de dernière minute : PdB a raflé le dernier exemplaire disponible le 30 septembre !)









L'Arbre à lettres République (33/35 boulevard du Temple, 3e arr.) et Bastille (62 rue du Faubourg Saint-Antoine, 12e),

L'Atelier 9, 59 rue des Martyrs (9è)

Libralire, 116 rue Saint-Maur (11è), dans le quartier Oberkampf









La Manoeuvre, 58 rue de la Roquette (11è)








Atout livre 203 bis avenue Daumesnil (12è)

L'Alinéa, 227 rue de Charenton (12è)









L'Humeur vagabonde, 44 rue du Poteau (18è)

Le Virgin du boulevard Barbès (au rayon livres dédiés à la musique)

Les Buveurs d’encre, 59 rue de Meaux (19e) (rencontre et lecture le 16 octobre)

La Librairie Longtemps, 22 avenue Mathurin Moreau (19e)

L'Atelier, 2 bis rue du Jourdain (20è)

Le Merle moqueur
, 51 rue de Bagnolet (20è), métro Alexandre Dumas - le rayon des livres dédiés à la musique est tout au fond.

Le Genre urbain
, 30 rue de Belleville (20è)









Rive gauche :

Compagnie, 58 rue des Ecoles (5è) (où je passais pas mal de temps à l'époque décrite dans le livre, justement)

La Hune, 170 boulevard Saint-Germain (6è)

Un regard moderne, 10 rue Gît-le-Coeur (6è)

L'Ecume des pages, 174 boulevard Saint-Germain (6è)












Le Divan, 203 rue de la Convention (15è)

Et enfin

Millepages
, 174 rue de Fontenay (Vincennes)


Il paraît que la Fnac des Halles l'aura en octobre. Pour le reste, je ne sais pas. N'hésitez pas à me le dire si vous le trouvez ailleurs, surtout en dehors de Paris bien sûr.
A bientôt,
Anne

vendredi 26 septembre 2008

ça n'a duré qu'un court instant, hier soir


juste le temps de la capture, peut-être, sur la page livres rock pop de la fnac

mais je ne vais pas aller raconter que ça ne me fait rien...

jeudi 25 septembre 2008

Pas d'ogre, en fait

Note à ceux qui ont suivi le compte à rebours du mois : finalement, la lecture à l'Ogre à plumes qui devait avoir lieu le 17 octobre est annulée : pas de chance, le lieu ferme définitivement deux jours plus tôt (mais l'association continuera d'exister). Côté Solo, on va donc se concentrer sur la présentation de la collection qui se tiendra la veille à la librairie des Buveurs d'encre, 59 rue de Meaux, dans le 19e. D'ici quelques jours, leur site mettra tout en ligne, j'en reparlerai ici aussi.

Par ailleurs, le livre n'était pas encore arrivé dans les librairies du quartier Colonel Fabien Jaurès (ma boussole) en fin d'après-midi. Ca ne saurait tarder...

En attendant, photo de fenêtre d'Alain Pierrot prise à Bordeaux, ville où je n'ai jamais mis les pieds et où je rêve de me rendre (c'est également le cas de Toulouse et Strasbourg) (et de Wellington et Dunedin) :













Fenêtre, balcon et ferronnerie du XVIIIe, qu'on se le dise.

Il s'agit surtout de lumière, dit-il





























Photographies de PdB prises près du Louvre.

mercredi 24 septembre 2008

Jour J

Commencé sous la pluie mais ça se lève.

Discuté livres avec le marchand de journaux, reçu des voeux par mail et un dessin de mon fils qui s'est inspiré de la pochette du disque (que voici à nouveau)













rendant au passage Margo et Michael Timmins (à gauche) souriants et presque grassouillets !

Me suis dit qu'il faudrait lier ici la liste des librairies où l'on est susceptible de trouver













mon livre et donc il suffit de cliquer sur la couverture pour y avoir accès.

Pensé, enfin, à écrire cette note :

Ce que change le jour J, c'est l'inscription dans un lieu donné, désormais, de celui à qui (j'écris) : lieu du livre paru, lieu de la page qu'on tourne ; vitrine de la librairie ; rayon de la bibliothèque ; étagère de celui qui lit.

Voilà voilà...

Merci à tous ceux qui m'auront suivie ce mois-ci et à très bientôt (nouvelles fenêtres visibles ici ces jours prochains, quoi qu'il en soit).

mardi 23 septembre 2008

J - 1 : with my head again clear


I think of words to send to you
To coax you back to my side


(Cowboy Junkies, Postcard blues)

Malgré le mouvement de grève, la poste m'a bien envoyé les exemplaires du livre. Il est là, à droite de l'ordi, petit format, belle couleur orange, beau papier. Soleil sur Paris, café pris au comptoir en face des Buttes Chaumont.


Puis, tout commence là :






















(mais ça ne dure pas)

lundi 22 septembre 2008

J - 2 : lire par fragments

Pas d'exemplaire des CJ dans la boîte ce matin, c'est donc le dernier jeu d'épreuves en main que je commence à réfléchir à une lecture à haute voix du texte. C'est confirmé en effet : le 16 octobre prochain, aux Buveurs d'encre, il va falloir lire (au moins un peu).

Si lire ainsi un texte fragmentaire n'est pas forcément une difficulté en soi (au besoin, rien n'empêche de le réorganiser autrement), la complexité de cette lecture à voix haute tient ici dans le système de renvois et de boucles adopté lors de l'écriture : à l'intérieur de chaque fragment s'inscrivent de tout petits éléments qui renvoient à d'autres éléments de même taille. Plus le texte progresse, plus ils forment comme une boucle. Lire les premières pages, c'est vraiment risquer l'anecdotique (on ne peut pas deviner si telle ou telle notation a de l'importance, si on la retrouvera plus tard, ou non, sous un autre éclairage). Cependant couper, réorganiser le texte revient à en extraire des lambeaux de plus en plus fins : ça se dilue, se perd au profit du seul renvoi, ce qui n'a pas beaucoup d'intérêt. Casse-tête qui ne vient pas de la simple lecture à voix haute (j'écris à l'oreille), mais du fait de transmettre. Enfin bref... C'est mon problème, n'est-ce pas ?!

(pour se faire une idée de ce que j'entends par fragments, on peut se rendre sur le site de mon éditeur)

J'ai reçu par ailleurs messages et fenêtres depuis deux jours : merci à tous, je les diffuse très bientôt.


dimanche 21 septembre 2008

J - 3 : Windows, Buenos Aires

N'étant pas comme le professeur Rollin, n'ayant pas toujours quelque chose à dire (même si, eho, France Culture, c'est quand que tu nous donnes accès en permanence aux archives de l'Oeil du larynx ?), je me repose éhontément sur les autres aujourd'hui.










Merci tout d'abord à Lauranne Maugé, auteur de cette photographie prise dans le quartier de La Boca (Buenos Aires) et à Alain Pierrot qui me l'a transmise.

Pierre Ménard
me signale par ailleurs le beau travail d'un photographe, Largo, intitulé Windows, que l'on peut trouver ici. Ticket flottant, Chair in a window, Soleil noir, exemples de ce qui fait écho...

samedi 20 septembre 2008

J - 4 : Père Goriot, le retour

En mai dernier, François Bon avait proposé aux participants de son petit journal de donner la liste des dix ou quinze livres qui les avaient marqués durant l'enfance et l'adolescence. J'avais répondu à l'appel en présentant sur ce blog un livre par jour. Parmi les titres choisis, il y avait Le Père Goriot, lu et honni à quatorze ans, comme on peut s'en rendre compte ici.

Ce qui est drôle, si j'en crois les statistiques données par Google, c'est que les gens qui viennent sur mon site sans lien, en tapant une requête dans le moteur, cherchent à une majorité écrasante des informations sur Le Père Goriot. J'imagine que l'oeuvre est toujours au programme et que ce sont des lycéens, surtout, qui passent sur ces pages. Alors comme ça, on a le droit de détester Balzac à quatorze ans ? Oui oui oui ! Et des années plus tard on passe l'été plongé dans Illusions perdues, vous verrez...

Et puis, Le Père Goriot, dont je possède toujours la version abrégée de l'époque sur une étagère, n'a pas dit son dernier mot. Depuis ce billet écrit en mai dernier je me dis que je devrais le relire, en entier cette fois. Or, au moment d'aller à la poste envoyer le kilo, 375 grammes qui m'occupe depuis trois ans, je tombe sur Le Monde, son Père Goriot gratuit. C'est un signe, forcément... d'autant que la préface est signée d'un de mes anciens professeurs de fac, Michel Lichtlé, à qui je dois pas mal de choses sans qu'il s'en doute : la découverte de Nadja et surtout une sensibilité à la peinture qui avant ses cours sur les Salons de Diderot me faisait complètement défaut. Mais on bifurque, là...

Et au fait, la deuxième requête tapée, selon Google, c'est quoi ?
Plâtre, bien sûr ! Tout cela est parfaitement cohérent, une fois de plus.

vendredi 19 septembre 2008

J - 5 : par la poste

Mes exemplaires de CJ /The Trinity Session partent ce matin de Marseille. Arriveront-ils chez moi avant la parution (l'an dernier, le jour J, Yves des Buveurs d'encre avait dû me prêter son exemplaire des Fenêtres) ? Je table sur un jour d'avance. Il paraît qu'ils sont beaux.

Pendant ce temps, celui d'un kilo trois (voir J - 13) est envoyé à deux endroits qui, je le remarque en postant le second exemplaire, ont la même adresse. J'imagine les paquets de feuilles à deux étages différents, ou au même, portes palières se rejoignant. Suspense qui risque de durer.

Ces derniers jours, lu d'une traite Atelier 62 ; ri en suivant Calet en visite chez les riches ; écouté Agnès Sourdillon dire Griselidis Real ; acheté la correspondance d'Hyvernaud ; commencé des contes japonais découverts par hasard à la bibliothèque. Retrouvé Eloge de la nage.

jeudi 18 septembre 2008

J - 6 : fenêtres de Tomsk (Sibérie)






















Le Transsibérien pris à la gare du Nord, c'est possible ? Ici, oui, grâce à quelques fenêtres reçues du quartier des maisons en bois de Tomsk, en Sibérie :































Merci à Lou, ma frangine voyageuse... Et pour ceux qui veulent tout savoir, la façade bleue appartient au centre russo-allemand.

mercredi 17 septembre 2008

J - 7 : le 17 septembre

c'est un jour où je pars. A demain, donc...
Et merci à ceux qui suivent ce compte à rebours chaque jour ou presque.

Anne

mardi 16 septembre 2008

J - 8 : autour, pas loin

Ca chauffe dans notre XIXe, du côté de Riquet où le petit allait chez la nourrice, près des Orgues que je prenais en photo quand j'étais enceinte - ventre rond pour lutter contre ces tours en pointes, près du 104 à qui j'ai demandé résidence. Nous lisons tout ça au comptoir, détaillé dans Le Parisien. Encore un fait divers près d'ici, et le square du petit bientôt sous vidéo paraît-il, on voit ça en rentrant sur le net...

En juillet dernier, avec lui, le petit, on passait en bus tous les jours devant le marché Riquet. Quelqu'un avait effacé les lettres du milieu, ça donnait "ma...ché...ri". Même sans e c'était bien.

lundi 15 septembre 2008

J - 9 : ceux qui sont dans mon livre






























































Clark Gable, Hanns Zischler et Rüdiger Vogler, Marilyn Monroe et Arthur Miller (photographie de Inge Morath), Hanns Zischler et Rüdiger Vogler, Margo Timmins, Marilyn Monroe et Montgommery Clift (photographie de Eve Arnold), Michael Timmins.

dimanche 14 septembre 2008

J - 10 : centres d'animation

Vais mourir-je sans avoir jamais essayé la danse africaine, la barre au sol, le bebop rock, la danse martiale, la chorale gospel, la batterie, la flûte, le chant oriental, le self-défense-T, le karaté, la gym des tout petits, le théâtre, la comédie musicale, le tir à l'arc, l'acrobatie au sol, le qi gong, le flamenco, le violon, l'arabe, l'oenologie, l'atelier "Customise tes fringues", la guitare basse, la tecktonik, la danse de salon, le street jazz, le djembé, le mime, la magie, la création de mangas, la relaxation dans l'eau, le swing manouche, le trapèze ?

Ne devrais-je pas reprendre ce que j'ai déjà tenté (même une seule journée), le chant, le piano, la danse moderne, la salsa, le tennis, le judo, l'anglais ?

Et si j'étais faite pour l'école du cirque ? La boxe thaï ? Le viet vo dao ? Magie de la brochure et du dépliant.

samedi 13 septembre 2008

J - 11 : Istanbul, épées, barres de glace

J'ai retrouvé en rangeant le résultat d'un travail sur Istanbul et la littérature qui m'avait permis de découvrir un certain nombre d'auteurs turcs ou kurdes (Sait Fait, Latife Tekin...) il y a quelques années. Parmi eux, l'écrivain et comédienne Emine Sevgi Özdamar, née en Anatolie en 1946, partie vivre en Allemagne à 19 ans et dont est paru en 1997 le roman La Vie est un caravansérail aux éditions Zoé. J'avais pris "l'habitude", avec Latife Tekin (Contes de la montagne d'ordures, Les Epées de glace) de lire ces récits frappés, qui vous alpaguent, vous envoient dans les bidonvilles, les gecekondus (ces maisons construites en une nuit par les paysans qui débarquent), ruelles où tout se passe, surtout le plus improbable, dans une langue qui ne ressemble à rien de connu. N'empêche. L'incipit de La Vie est un caravansérail est sans doute un de ceux qui m'aura le plus marqués dans ma vie de lectrice. La scène se passe dans un train :

D'abord j'ai vu les soldats. J'étais debout dans le ventre de ma mère entre les barres de glace, je voulais me cramponner et empoignais la glace, je glissais et me retrouvais au même endroit, je frappais à la paroi, personne n'entendait.

Elle poursuit :

Les soldats quittèrent leurs manteaux qui, avant eux, avaient été portés par 90.000 soldats morts et pas encore morts, et étaient déjà pendus au crochet. Un soldat dit : "Fais de la place à la femme enceinte !"

et quelques lignes plus loin :

Le train cria, la tante Coton descendit et lança par la fenêtre : "Fatmaaa, personne ne reste dedans, tous finissent par sortir ! Mais attends d'être chez ton père !" Le train démarra.

[...]

Dans le ventre je pensais : mon père aussi est soldat, sans doute que son manteau pue comme ces manteaux. Plus tard je serai la fille au père qui pue.

Apparemment, Emine Sevgi Özdamar a écrit trois autres livres depuis, dont un au moins traduit en français. C'était, en ce qui me concerne, la bonne nouvelle du jour !

vendredi 12 septembre 2008

J - 12 : la dame de pique

Ecouté les conseils trouvés dans mes commentaires, continué d'écrire. Pour cela, avoir pris le métro, être entré quelque part, avoir regardé, s'être étonné, avoir lu un panneau, s'être agacé, avoir monté des escaliers, avoir tourné dans une salle, avoir pris des notes, avoir commencé à penser à un titre de chapitre, s'être assis sur un banc, avoir regardé encore, avoir observé les visiteurs (ceux qui prenaient tout en photo), avoir changé de titre, avoir pensé au livre d'un autre, avoir lié ce livre à l'oeuvre regardée, avoir eu la sensation d'être à saturation, avoir alors quitté la salle, avoir repris le métro en sachant à peu près ce qu'il y aurait dans les pages écrites, avoir allumé l'ordi, les avoir écrites, les avoir relues, les avoir corrigées tout en rythmant le temps, dans la dernière phase, en jouant à la dame de pique.

Avoir perdu.

jeudi 11 septembre 2008

J - 13 : 1 kilo 375 grammes

Il fait 1 kilo 3 m'annonce le postier en me rendant mon manuscrit, qui a pourtant perdu 60 pages en passant de PC à Mac comme je le racontais l'autre jour. Si vous prenez le Colissimo, il arrivera sous 24 ou 48 heures poursuit-il. Bof, le comité de lecture va mettre au moins trois mois à me répondre, alors non, pas la peine, merci, lui dis-je, et je l'envoie en lettre simple. Il passe à grand peine par la fente, je récupère le carton dans lequel je l'ai apporté, m'en vais. Dans la rue ça s'allège un peu, épaules plus libres, alors qu'envoyer un texte par la poste rétame, impression de passer au rouleau-compresseur, de se traîner jusqu'au guichet, de se condamner soi-même (c'est débile, non ?). "Tu ferais mieux de penser à celui qui va sortir", me dit mon libraire. Mouais. Tu ferais mieux d'aller nager, me conseille Annie Leclerc. Justement la piscine rouvre, j'y cours.










(la Sédelle en crue, merci Monique)

mercredi 10 septembre 2008

J - 14 : deux dates

J'en reparlerai forcément ici mais ça y est, la soirée de présentation du livre sur les Cowboy Junkies et de la collection Solo à la librairie des Buveurs d'encre a une date précise : ce sera le jeudi 16 octobre à partir de 19h30.

Rebelote le lendemain à L'Ogre à plumes, a priori. Cette fois je suis invitée avec d'autres "auteurs Solo". Mais là c'est tout frais, ça changera peut-être...

En espérant, au passage, bien sûr, faire mentir Eric Chevillard :

Vous publiez un nouveau livre, c’est le moment qu’attendaient impatiemment vos amis et plus fidèles lecteurs pour vous confier que le précédent leur est tombé des mains.

(mais non, mais non, surtout quand c'est celui-là , celui-là ou celui-là)

mardi 9 septembre 2008

J - 15 : pleins phares

Partie ce matin faire mes photocopies, me souviens soudain d'une vague adresse de boutique pas chère, soi-disant, sur le canal de l'Ourcq. Il fait beau. Evidemment, la boutique n'existe pas, il va falloir remonter l'avenue Jean Jaurès jusqu'à la seule "copy truc" du quartier, hors de prix ça m'épate à chaque fois. Au passage, découvert une nouvelle librairie à Laumière, façade noire, sans nom semble-t-il. Elle y a mis Rock and roll en devanture, et j'y vois aussi exposé un nouveau livre de Marc Augé sur le métro, vingt ans après celui cité ici. Rien acheté : je me doutais de ce qui allait m'attendre à copy truc.
Effectivement, dans la rue Lafayette, mes espoirs de quatre exemplaires passent à trois. En attendant, café en terrasse, plein soleil, reflets éblouissants de la table, du verre, de la cuiller et de la tasse. Presque la même histoire qu'hier, quand les CJ partaient à Gemenos : ce qu'on fait pendant que ça s'imprime, au moment où le livre se détache de vous.
A Gemenos, à Marseille, quelqu'un a vu le livre et l'a pris dans sa main depuis hier, je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Ici, de retour dans la boutique, la fille me demande : "C'est un roman que vous avez écrit ?". Pour ne pas entamer la discussion, je marmonne quelque chose comme oui, alors que... Dans la rue, en attendant le 26, la réponse me vient, évidente depuis que je sais où me classe la librairie Ellipse (voir J - 22) : ce n'est pas un roman, non, c'est un parpaing.

(et vous verrez que dans le livre sur les CJ il y en a un, de parpaing)
et vous verrez peut-être un jour que dans le manuscrit photocopié ce matin c'est plein de briques)

Après des essais de sac infructueux, la fille range l'ensemble dans un carton. Ca fait lourd, et sérieux. Elle me demande si j'habite loin, je lui dis que je vais prendre le bus. A l'arrêt, sur le banc, assise à côté de moi, une jeune femme avec un bébé. Arrive une autre femme, un bébé elle aussi, prend ma place nous nous sourions. Debout dans le soleil le carton sous le bras j'ai l'impression de transporter un cube, truc de plâtre ou béton, matériau de construction, et ça me va très bien. Tout comme me va très bien l'idée que face au premier bébé venu le livre porté trois ans, dix ans, vingt ans peut-être soudain ne pèse rien : exactement ce qu'il me faut, j'ai bien fait de me perdre ce matin.

lundi 8 septembre 2008

J - 16 : ce qui s'imprime

Le livre sur les Cowboy Junkies est donc en pleine impression à Gemenos, près de Marseille. Pendant ce temps j'observe l'autre livre, celui dont il est issu, et que j'ai imprimé "à la main" hier et aujourd'hui. Il n'est plus possible de le relire alors je l'écoute (il est enregistré) au lieu de foncer chez le marchand de photocopies et d'en faire quatre ou cinq tas de feuilles. Je le pose au bord du lit. Je le déplace sur le bureau. Je remets les écouteurs. N'importe quoi. Une étrange qualité d'attente.

Mieux vaut ajouter ici de nouvelles fenêtres. Voici les dernières photographies en date de PdB, avec leurs légendes d'origine.










cuisine maison de vacances










hostellerie de la baie










maison de vacances feu et télé










du train, à Lisieux

dimanche 7 septembre 2008

J - 17 : rue Oberkampf

Pour changer je relis L'Atelier d'Alberto Giacometti de Genet, auquel j'ai volé :

"Giacometti et moi – et quelques Parisiens sans doute – nous savons qu’il existe à Paris, où elle a sa demeure, une personne d’une grande élégance, fine, hautaine, à pic, singulière et grise – d’un gris très tendre – c’est la rue Oberkampf, qui, désinvolte, change de nom et s’appelle plus haut la rue de Ménilmontant."

(pour écrire et même y vivre, à l'époque du livre sur les CJ)

Il poursuit :

"Belle comme une aiguille, elle monte jusqu'au ciel. Si l'on décide de la parcourir en voiture à partir du boulevard Voltaire, à mesure qu'on monte, elle s'ouvre, mais d'une curieuse façon : au lieu de s'écarter les maisons se rapprochent, offrent des façades et des pignons très simples, d'une grande banalité mais qui, véritablement transfigurés par la personnalité de cette rue se colorent d'une sorte de bonté, familière et lointaine. On y a placé depuis peu d'imbéciles petits disques bleu sombre, traversés d'une barre rouge et destinés à indiquer que le stationnement des voitures est interdit. Perdue, elle ? Elle est encore plus belle. Rien - mais rien ! ne pourra l'enlaidir."

Qu'on l'entende...

samedi 6 septembre 2008

J - 18 : 200, 258 et Zone libre

Voilà le 200e message de ce blog qui se profile : pas certaine de l'unité de l'ensemble, surtout depuis que ça s'éparpille vers autre chose que la ligne 2 mais peu importe au fond. Ce qu'il faut c'est que ça reste en zone libre, précisément comme hier soir au Point éphémère. Musiciens concentrés, on aurait pu penser hermétiques, fermés sur eux-mêmes, et non au contraire : dans leur absence de mots, leurs regards à terre et ailleurs que devant, toute leur énergie, tout ce qu'ils donnent. Serge Teyssot-Gay perpétuellement de profil, ou de dos, qui bascule soudain, on ne sait jusqu'où il ira...

Evidemment, rappel de quelques liens, Hyvernaud, Lydie Salvayre et aussi :


Découvrez Zone Libre!


Et sinon, pourquoi 258 ? C'est le nombre de pages de mon dernier livre (pas celui sur les CJ) depuis qu'il est passé sur Mac pour être imprimé : du portable au fixe, 60 pages envolées, alors que tout est resté tel quel, texte, marges, interlignage. Ce que ça change ? Ne plus l'évaluer à 300. Ca n'a l'air de rien, pas sûr que ce le soit.

vendredi 5 septembre 2008

J - 19 : Marseille Gênes, les soluces

"Bon, alors, c'est quand que tu les mets, les soluces, sur ton blog ?" m'a demandé mon fils, qui semble être plus joueur que vous autres, visiteurs (sauf PdB, qui a participé, merci à lui ... ). Il pleut sur Paris, l'imprimante refuse d'effectuer des tirages corrects de mon texte : il est temps, donc, de donner les réponses au petit jeu du 31 (conseil : lien à ouvrir dans une seconde fenêtre).

Tout d'abord, bravo PdB, la photo A a bien été prise dans le port de Marseille, et la B dans celui de Gênes. Certes, je n'avais pas cadré Notre-Dame de la Garde sur la première pour que ce ne soit pas trop facile, mais on pouvait tout de même reconnaître le vieux port, malgré la qualité très contestable du cliché (d'accord, d'accord), pris en haut du jardin du Pharo (un chouette endroit) en plein vent. A Gênes aussi on est allés se percher sur les hauteurs pour immortaliser le gigantesque Yang Ming (cliquez sur la photo B pour le voir).

Passons à la C. Il fallait reconnaître la maison de Christophe Colomb, à Gênes, donc, mais on pouvait trouver de toute manière en agrandissant la photo : un petit panneau "Commune di Genova" apparaît en bas sur la gauche.

Photo D. Alors là, impossible ou presque de reconnaître les fenêtres d'un immeuble du cours Julien, notre lieu de prédilection à Marseille : une place, des bouquinistes, un café au bord de l'eau (sorte de fontaine plate, à vos pieds, qui glougloute et apaise), tout cela il faut le deviner...

Voyons la E : Genova, ses murs "d'avant" encore un peu lépreux, d'avant la rénovation de la ville qui avance, nettoie les ruelles, récure les façades et surtout repeint, un peu trop lisse, trop net, trop déco (exemple : les balcons jaunes à gauche).

F : argh, horrible piège ! Nous ne sommes ni à Marseille ni à Gênes mais à La Ciotat (à côté de Marseille, donc, pour les nuls en sud). Dans la ruelle où cette photo a été prise, on a planté au mur des panneaux transparents qui indiquent aux passants l'intérêt des façades, des fenêtres. Voici ce que ça donne :





































Quant à la G, c'était Gênes, je vous demande de me croire sur parole.

Reste encore le bar Gilda de Gênes (photo E), dans la Via Balbi qui mène à la gare. J'avais également trouvé un restaurant Gilda cours Julien (à Marseille, donc, diront ceux qui ont suivi), qui a la bonne idée de proposer de petits plats de poissons pas chers que l'on peut aller déguster à la terrasse du café d'en face. Je l'ai pris en photo mais cette dernière a mystérieusement disparu...

Photo F : on aura reconnu La Mouette, de Lamartine bien sûr (Marseille, donc) !

Photo G : ah, piège à nouveau : nous sommes dans un jardin public de Vintimille. Cette mouette-là était particulièrement vindicative, elle a gueulé de réverbère en réverbère jusqu'à se poser sur la statue.

Sur la H, il aura vraiment fallu être flemmard pour ne pas voir le panneau de la mairie de Marseille à gauche et la rue "Va à la calanque" (oui, c'est bien son nom).

Enfin, en cliquant toujours sur l'image pour l'agrandir, on aura remarqué sur la dernière (photo I) qu'il ne fait pas bon monter sur la marquise à Aubagne !



jeudi 4 septembre 2008

J - 20 : tension

On ne sait pas trop pourquoi, il ne s'est rien passé de spécial mais voilà ça commence à mordre, se distiller s'étendre cette tension de l'attente, événement du 24 et tout ce qui gravite autour. Ce qui s'est passé : lecture de la quatrième de couverture reçue en pdf ; savoir que le livre partira à l'imprimerie lundi ; cinq minutes de discussion avec l'un ou l'autre libraire du quartier. C'est tout. Et aussi : avoir commencé à relire, encore une fois, s'être remis dans le bain du binôme Cowboy Junkies/Franck. Pas plus.
Déjà un nouveau livre en cours, autrement plus récréatif, permet de sortir de chez soi, réarpenter Paris. On se dit qu'il faudrait chercher à nouveau un travail salarié mais pff, ça glisse, ce n'est pas sérieux.
Puis, l'actualité vous entraîne dans un lieu ancré dans le texte justement relu. Pas d'image, pas de commentaire.

mardi 2 septembre 2008

J - 21 : 104 + maçonnerie =

Hier, suis passée aux Buveurs d'encre où l'on doit organiser quelque chose, mi-octobre, pour présenter la collection Solo et ledit livre à couverture brique (voir J -22). Brusquement, Yves, le libraire, disparaît derrière une porte et me lance, de loin : "Tiens, j'ai quelque chose qui devrait t'intéresser." (je n'avais encore rien dit). C'était Viande froide, livre sous-titré "Reportages", écrit par Olivia Rosenthal au 104 (voir J - 23) :

Je ne demande plus rien. J'écoute le bruit du chantier, un bruit de fond, assez soutenu mais continu auquel on croit s'habituer, qu'on croit oublier et auquel en fait on ne s'habitue pas. C'est du moins ce qu'on constate quand on quitte la place. On éprouve un soulagement qu'on n'arrive pas d'abord à analyser, on éprouve un relâchement, une détente, oui c'est ça, on se détend, on se laisse aller, plus personne sur le dos, plus d'obligation, plus d'ordres à recevoir ou à donner. L'absence de bruit provoque un apaisement considérable.

Viande froide, page 40.
Passé la soirée à le lire.

Et je m'aperçois que je lis en ce moment, précisément, ce que les libraires amis me prêtent ou m'échangent : Viande froide, donc, mais aussi La Route de Cormac McCarthy, troqué à Grégoire de la librairie Longtemps il y a des mois.

Par ailleurs, fenêtre, ici, d'Emmanuel Darley. Et j'en ai reçues d'autres, j'attends un peu pour les poster (n'hésitez pas, toujours : l'appel est permanent).

J - 22 : brique et plâtre, charnières

Je l'avais déjà remarqué l'an dernier, mais voici que la librairie suisse Ellipse poursuit son entreprise de classification des oeuvres à usage révolutionnaire. Ainsi, pour vendre mes livres (tant mieux), elle les range dans la catégorie maçonnerie (tant mieux encore). La preuve :









Maintenant quand on me demandera le genre de livre que j'écris, je répondrai brique et plâtre, tiens ! Evidemment, c'est dû au titre du premier (Fenêtres) et j'imagine la déception d'un lecteur suisse avide de conseils pour poser un double-vitrage efficace. Comme je le comprends. A celui-là, je pourrais dire (car malgré tout, sur ce sujet, je commence à en connaître un rayon) : pour la paix de tes oreilles, ne prends pas du vitrage à isolation thermique seule ; refuse les fenêtres intégrant des aérations (l'asphyxie vaut mieux) ; préfère les charnières multiples : moins il y en a, plus la fenêtre a tendance à se décoller du chambranle et à faire passer l'air. Enfin, achète des bouchons et un casque anti-bruit. Une vraie pro, je vous dis. Ellipse a raison.
Quant à Cowboy Junkies, The Trinity Session, on ne manquera pas de constater que la couverture est de couleur brique. Ce n'est pas un hasard, bien sûr.

lundi 1 septembre 2008

J - 23 : Magic et 104













Voilà. J'entame un petit compte à rebours avant la parution de mon livre sur les Cowboy Junkies le 24 septembre prochain. D'abord parce que l'an dernier, quand Fenêtres était sorti en avril, je n'avais rien noté de ce qui pouvait se passer alors et ai, depuis, tout oublié. Et surtout ça m'amuse : j'aime bien les feuilletons, les rendez-vous réguliers. Ce que je vais raconter ? Les jours prochains, aucune idée. Mais pour aujourd'hui : de l'événement, du suspense, du happy end !
Il faut dire que le mois commence fort : le magazine Magic (revue pop moderne) de septembre sort aujourd'hui. Et alors, me direz-vous ? Et alors, gloire à la page 90 qui fait de 'til I'm dead (sous-titre officiel, titre officieux du livre, comme je crois l'avoir déjà écrit ici) le livre du mois, lui octroyant la moitié de la place. Surtout, l'article de Vincent Théval m'a paru particulièrement juste, proche de ce que j'ai voulu faire. Cette impression d'être si bien comprise, ce n'est pas rien, surtout pour une première critique dans la presse. Quant à Magic lui-même, on en reparlera peut-être.
Suspense et happy end comme promis, maintenant. J'ai passé les derniers jours à peaufiner un dossier de candidature pour une résidence au 104. Dernier jour pour tout envoyer : hier. Il ne me manquait plus que la lettre de recommandation de mon éditeur, dont le contenu a donné lieu à une petite conversation rigolote au téléphone, d'ailleurs. Je clique pour l'envoyer : argh. Plus d'accès au dossier. Impossible de le valider. Rien à faire, bloqué. Autant dire que tout semblait grillé d'avance : adieu le rêve de venir tranquillement à pied de chez moi le matin batifoler dans les bâtiments des anciennes pompes funèbres à la recherche de l'inspiration... Bref. Je fulmine, trépigne, j'envoie un mail plus contenu avec la lettre en pièce jointe. Finalement tout rentre dans l'ordre ce matin : il y avait bien eu bug, c'est réparé. Ouf. Maintenant, il y a 3000 demandes pour 30 postes environ, ne nous affolons pas !
Suite ou pas au prochain épisode...